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    April 23

    Shine a light

                Que les choses soient mises au clair tout de suite. Shine a light n'est pas un film de Martin Scorcese. D'abord parce que ce n'est pas à proprement parler un film. C'est un concert filmé avec au début la préparation du concert et parfois entre deux chansons quelques bribes d'images d'archives ou d'interviews (même pas faites expressément pour le film). Imaginez qu'un caméraman se glisse au musée du Louvre pour y filmer les plus beaux chefs d'œuvre de ce musée, vous admettrez facilement que le plus gros du boulot ce sont les peintres qui l'ont fait. Là c'est pareil, sauf que là c'est comme si vous voyiez en prime De Vinci peindre la Joconde. Car, oui Mesdames et Messieurs voici maintenant les Rolling Stones ! Scorcese et son équipe ont capté un concert des Stones au Beacon Theatre de New York. Se produire là bas pour Mick et sa bande ça revient à jouer dans une cave un peu haute de plafond comparé à leurs (très lucratives) tournées mondiales. Dans les 10-15 premières minutes du film Scorcese montre son équipe au boulot, les négociations avec Jagger pour placer le décor comme ci, les caméras comme ça, les Stones saluant les VIP (notamment les ex et peut être futur pensionnaires de la Maison Blanche Bill et Hillary) venant vers eux comme s'ils allaient saluer le pape, et enfin toujours Bill faire le chauffeur de salle pour introduire (normal c'est Bill…) les Stones sur scène.

     

                Bon ok ok c'est sympa de voir les coulisses mais nous ne sommes pas là pour ça. Keith Richards déboule enfin et en deux notes il nous a éparpillé façon puzzle. Rien qu'avec l'intro de Jumpin' Jack Flash on est collé à notre fauteuil les poils hérissés et la bave aux lèvres. Puis Mick Jagger finit de nous achever et c'est parti pour deux heures de rock'n'roll. Pendant les deux premières chansons, Mick s'échauffe et n'est pas au top. Bon en même temps quand il n'est pas à fond il est seulement très bon. Charlie Watts tape sur ses caisses pour faire tourner la machine, Ronnie Wood assure les parties plus techniques à la guitare et Keith est … content d'être là. Il joue son rôle, il est celui qu'on aime. Keith il balance les intros, les riffs et puis après il sourit à tout le monde, il balance ses médiators dans le public, il va voir tout le monde sur scène. Il est cool. Définitivement. Plus je le regardais et plus je trouvais la bonne image. Keith c'est Fonzie dans Happy Days. Sauf que lui son truc c'est la musique, qu'il n'a pas une belle gueule, et qu'il est vieux.

               

                Car oui mes frères et mes sœurs, les Stones sont vieux. Mick Jagger n'est plus un apollon, il est ridé de partout, il a la peau flasque, il crache quand il chante et comble du désespoir, Mick transpire. Je vous jure qu'il a l'air con à balancer ses bras en l'air pour faire son show avec ses auréoles de 20 cm de larges sous les bras. En fait les Stones sont là pour rétablir une vérité. LA vérité. Non Dieu n'a pas fait l'homme à son image. Mais depuis 1963 ces Dieux sont à l'image de l'Homme. Ils sont sexagénaires depuis longtemps, certains de leurs congénères se satisferaient d'une vie tranquille dans une maison de repos avec une couverture sur les genoux pour regarder Derrick. Les Stones n'en sont pas encore là. Aujourd'hui ils sont encore capables de faire lever les foules, ils attirent encore au pied de la scène des petites bombes atomiques se trémoussant, humides d'à peu près partout, sur Start me up alors que la plupart n'étaient même pas encore un projet quand cette chanson est sortie. Ces quatre types là sont un miracle permanent à eux tout seul.

     

                Jager a choisi une liste de chansons différente de d'habitude. Quelques grands standards sont écartés du show et on retrouve quelques pépites comme Some Girls, As Tears go By, Loving Cup (en duo avec Jack White des White Stipes) ou encore You got the Silver (joyau richardsien). Il y a trois invités qui montent sur scène avec les Stones. Jack White donc, qui représente les héritiers des Stones (non non Rock'n'roll is not dead), Buddy Guy pour une reprise de Muddy Waters pour l'hommage aux grands bluesmen noirs que les Stones vénèrent,  et puis Christina Aguilera parce qu'une bombasse blondasse ça n'a jamais fait de mal à Mick the Lips. La température grimpe à de 100 degrés à chaque chanson dans la dernière partie du show  (mais comment voulez vous faire autrement avec Sympathy for the Devil, le cul de Christina, et Start MeUup ?) et la cocotte minute du Beacon Theatre explose littéralement quand Mick envoie les "Yeah Yeah Yeah Wouuuuh" de Brown Sugar.

     

    Voilà c'est fini aurait dit Jean-Louis. Vue aérienne de New York illuminé, la langue stonienne prend la place de la Lune et tel un pauvre junky accro aux Stones, je suis sorti de la salle obscure avec ma dose de rock'n'roll dans les veines. Ils sont vieux oui. Un jour ils ne seront plus là oui. Mais aujourd'hui, demain, après demain, dans 10 ans , dans 30 ans, dans 50 ans, j'aurai toujours envie de gueuler "I say Yeah Yeah Yeah Wouuuuuuuuuuuh" pour me sentir vivant et me rappeler que les Stones sont à jamais le plus grand groupe de rock du monde.

    Shine a light, réalisé par Martin Scorcese, avec les Rolling Stones, Jack White, Buddy Guy, Christina Aguilera


    Note : 19/20 (mais je ne suis pas objectif sur ce coup là)

    March 03

    Cocô Colô

    Vous en avez entendu parler partout, Bienvenue chez les Ch'tis fait un carton en ce moment. Que dans le Nord ça soit la folie je comprends, mais ici pourquoi ? Pourtant il y avait un monde fou  au cinéma vendredi soir pour voir ce film sur les gens du Nord. Les expatriés et les pièces rapportées comme moi certes ça fait du monde mais quand même… Je n'arrive pas à m'expliquer ce phénomène d'autant plus que le premier film de Dany Boon, La maison du bonheur,  était vraiment moyen. Bref passons au film.

     

                Philippe Abrams est cadre à la Poste, il vit à Salon de Provence avec sa femme  Julie et son fils. Julie est dépressive et veut absolument habiter au bord de la mer. Philippe tente tout son possible pour dégotter une mutation dans un pureau de poste encore plus au sud. Mais suite à une magouille le voilà muté à Bergues dans le Nord et part s'installer seul chez les Ch'tis.

     

                Alors évidement le scénario est cousu de fil blanc mais cette comédie est de bonne facture. Dany Boon veut faire connaître sa région et faire tomber les préjugés que bon nombre peuvent avoir à propos du Nord. Beaucoup des gags du film sont tirés du spectacle "A s'baraque et en ch'ti" de Dany Boon. Néanmoins même si ce n'est pas le film de l'année, j'ai beaucoup de tendresse pour Bienvenue chez les Ch'tis car comme le personnage joué par Kad Mérad j'avais entendu tous les préjugés sur le Nord (le froid, les corons, l'alcool, la misère, le patois…) avant de découvrir des gens simples, accueillants et vraiment gentils. Enfin là je parle pas des kékés fans de Johnny avec leur voiture tunée… Bienvenue chez les Ch'tis est une magnifique pub pour la région Nord-Pas de Calais, un bon divertissement et finalement un message universel : laissez les préjugés de côté et apprenez à connaître les gens.

     

    J'aime pas les gens.

     

    Pour finir après le Okaaaaaaaaay qui a déferlé un peu partout, préparez vous à bouffer du Biloute. Quand on sait que Biloute veut dire quéquette j'en connais quelques unes qui vont être contentes.  

     

     

    Note : 15/20

     

    Bienvenu chez les Ch'tis, de et avec Dany Boon, Kad Mérad, Zoé Félix, Line Renaud

    July 27

    Beggars Banquet

                Les Rolling Stones ont longtemps été un bon groupe de rock composé de petits blancs adorant la musique des noirs. Leur truc à eux c'était Muddy Waters, Robert Johnson et tous ces bluesmen américains inconnus de ce côté-ci de l'Atlantique. Les personnalités aussi emblématiques que Mick Jagger ou Brian Jones additionnées à des standards rock provocants tels que Satisfaction, Let's spend the night together ou encore Under My Thumb les ont propulsés sur le devant de la scène au même niveau que les Beatles. Néanmoins les Beatles ont toujours un coup d'avance sur les Stones et l'album Sergent Pepper's Lonely Hearts Club Band sonne comme un chef d'œuvre pop psychédélique à la face du monde. Mick Jagger et sa bande ont répliqué quelques mois plus tard avec le très space et inégal Theirs Satanics Majesties Request (d'où sera tiré tout de même She's a rainbow ).

     

                En 1968 Brian Jones l'ange blond stonien devient de plus en plus accro à la drogue et à l'alcool. Mick Jagger en profite pour prendre le pouvoir au sein du groupe. C'est un virage à 180 degrés que vont opérer les Rolling Stones. Retour aux sources avec ce Beggars Banquet. Le blues est très présent dans cet album qui marque le début de l'âge d'or des Stones. Après cet album vont s'enchaîner Let it Bleed , Sticky Fingers et Exile on Main Street. Mais revenons à Beggars Banquet. Cet album marque la première collaboration entre les Stones et Jimmy Miller un ingénieur du son qui les suivra pendant toutes les années 70. C'est lui qui amène ce nouveau son rock et brut qui est la marque de fabrique de cette période des Stones. Brain Jones est évincé progressivement du groupe même si quelques parties de slide guitar seront conservées sur l'album. Brain Jones etait tellement défoncé en studio qu'il ne s'apercevait même pas qu'on ne branchait pas ses instruments lorsqu'il jouait. Parmi les invités on note entre autre Anita Pallenberg (fraîchement passée du lit de Brian à celui de Keith Richards, ce qui explique bien des choses…), Marianne Faithfull et Eric Clapton.

     

                Beggars Banquet est une étape décisive dans la vie des Stones. Si les Beatles restent les chantres d'une pop gentille et pacifique, les Stones passent définitivement du côté obscur de la force. Leur provocation devient plus profonde (Sympathy for the Devil évidement), plus adulte, plus collée au vent de révolte qui souffle à ce moment là ( Street Fighting Man en 68 ce n'est pas innocent..), et sexuelle bien sûr (Parachute Woman ). Jusque dans la pochette les Stones ont voulu marquer le coup. Ce sera une source de conflit avec la maison de disque qui fera reporter la sortie du disque de deux mois. Finalement l'album sortira avec une pochette blanche mais les Stones redonneront à Beggars Banquets l'originale lors des rééditions en CD.

     

                Dix chansons comme les dix commandements du rock. Rock, blues, folk, ballade toutes ces voies sont explorées à merveille par Jagger et les siens. C'est à partir de là que les Rolling Stones deviennent le plus grand groupe de rock du monde.

     

    Track list :

    1. Sympathy For The Devil

    2. No Expectations

    3. Dear Doctor

    4. Parachute Woman

    5. Jigsaw Puzzle

    6. Street Fighting Man

    7. Prodigal Son

    8. Stray Cat Blues

    9. Factory Girl

    10. Salt Of The Earth

     

     Sourire

     

    Note : 20/20

    January 12

    La groupie du guitariste

    Pamela Miller est née en 1949 ce qui fait d’elle une sacrée veinarde. Pourquoi ? Parce qu’elle fut jeune quand le monde bougeait vraiment d’une part et que d’autre part elle a pu voir des groupes comme les Stones, Led Zeppelin, les Doors, the Jimi Hendrix Expérience du temps de leur splendeur. Elle a fait même beaucoup mieux que ça, elle les a côtoyés, a couché avec beaucoup d’entre eux. Pamela Miller était une groupie, LA groupie référence de cette époque. Dans son livre elle raconte sa trajectoire qui est celle d’une adolescente de 13-14 ans frémissant à la vue d’un Stone ou d’un Beatle (chacun ses défauts…) qui a fini par vivre au milieu de ces gens là quelques années ensuite. Son truc à elle ça sera les musiciens, de toutes façons elle se sent artiste et elle veut être une star.

     

    Sexe drogue et rock’n roll, le cliché parfois sordide est présent à chaque page de cette autobiographie. Mais malgré tout Pamela Miller cherche l’Amour, elle rêve de son prince Charmant (nécessairement anglais) qui l’emmènera sur son cheval blanc. A chaque fois qu’elle rencontre un type elle en tombe follement amoureuse mais à chaque fois l’histoire se termine mal pour elle. Cette fille n’avait pas froid aux yeux, ni ailleurs mais fait preuve d’une naïveté sans nom. Comment aurait elle pu s’imaginer qu’un Mick Jagger, un Jimi Page ou n’importe quel musicien en tournée n’allait pas profiter de toutes ces nanas qui rodent autour d’eux  et lui rester fidèle? Elle finira par trouver son prince charmant (Michaël Des Barres), un vrai aristocrate anglais décadent qui en plus a son propre groupe de rock. Ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants ? Non un seul et des textes ajoutés au cours de diverses rééditions du livre nous apprennent que ce mariage n’aura duré que très peu de temps.

     

    Son récit aurait pu être très intéressant si Pamela Miller avait un minimum de lucidité la concernant. On n’apprend pas grand-chose sur les rock stars de l’époque, et je vous conseille plutôt de voir ou revoir « Almost Famous » dont elle a inspiré le personnage principal joué par Kate Hudson.

     

    Note : 9/20

     

    Confessions d’une groupie,  écrit par Pamela Des Barres,  chez  Le Serpent à Plumes
     
    November 02

    Chabat da ba da

    Comme quoi faire la sieste ça a du bon. Je m’explique. Nous avions prévu d’aller voir Prête moi ta main à la séance de 16 h sur les Champs. Mais bon on a fait les larves et finalement on se pointe pour 18h10. Il parait qu’on sait si un film va marcher juste en regardant l’affluence des premières séances sur les Champs Elysées. Vu la longueur des files d’attente, Prête moi ta main sera un énorme carton. A tel point que nous avons finalement du prendre des places pour la séance de 20h15. Et à cette séance étaient présents Eric Lartigau, le réalisateur, deux des actrices dont je n’ai pas retenu le nom et … et … Mister Loverman  alias Alain Chabat ! Comme quoi faire la sieste ça a du bon c’est bien ce que je disais au début.

     

    Le film est cousu de fil blanc, quand on voit le début on connaît la fin. Luis, 43 ans, célibataire, concepteur de parfums est le seul homme de sa famille. Sa mère et ses sœurs décrètent qu’il doit se marier au plus vite. Mais Luis n’a aucune envie de se caser, alors il monte une combine avec Emma pour passer l’envie à tout le monde qu’il se marie. Je ne vous raconte pas la suite vous l’avez devinée.

     

    Chabat a écrit ce film et comme 90 % de ce qu’il touche se transforme en or, ce film est une réussite. Chabat joue du Chabat, les dialogues sont Nuls donc excellents. Charlotte Gainsbourg se lâche mais ne porte pas très bien la combinaison SM en latex dans laquelle elle chevauche l’ex capitaine Lamar, au contraire de ce dernier qui ne manque pas une occase de se mettre en porte-jarretelles.

     

    Ruquier aurait déclaré se foutre à poil si le film n’atteignait pas 5 millions d’entrée, à mon avis il ne prend pas beaucoup de risques. Et ça nous promet de très belles audiences dur TF1… le jour où ils remettront des films le dimanche soir.

     

    Note : 17/20

     

    Prête moi ta main, réalisé par Eric Lartigau, avec Alain Chabat, Charlotte Gainsbourg, Bernadette Laffont…

    October 11

    Fuite en avant

    Bernard Werber a sorti son livre annuel en ce début octobre. Etant particulièrement fan de cet auteur j’avais commandé Le Papillon des Etoiles il y a plusieurs semaines. Je l’ai reçu lundi dans ma boite aux lettres et la journée d’hier a suffit pour que je le dévore. M’ayant déjà nourri de l’intégrale de l’œuvre werberienne, j’ai eu la fade impression que l’écrivain nous a resservi les mêmes plats. Certes la cuisine est bonne mais elle ne surprend plus. Les thèmes et les clichés habituels reviennent sans cesse même si cette fois nous n’avons pas droit à l’Encyclopédie Universel du Savoir.

    Et l’histoire dans tout ça ? La vie sur Terre devient de plus en plus exécrable : guerres, fanatismes religieux, terrorisme, pollution (il ne manque plus que le stress et on dirait une pub pour un shampooing anti-chute de cheveux…). Un savant façon Pierre Richard, une Florence Arthaud sexy (oui je sais c’est dur à imaginer), un milliardaire moitié Bill Gates moitié Richard Branson et une assistante hyper efficace vont monter un projet pharaonique pour fuir de ce monde en reconstituant une nouvelle société dans l’espace. Tout ce petit monde file vers une hypothétique planète habitable pour s’y réimplanter.

    Toute ressemblance avec des événements actuels n’est évidemment pas fortuite, mais les ficelles sont très grosses tout de même. Nath pense que Werber n’est qu’un plagiaire de talent qui ne cite pas ses sources. Pour la fin, que je ne dévoilerai pas, il n’y a pas besoin de les révéler tellement c’est énorme. Malgré tout ça reste un bon livre utopiste et réaliste à la fois. Utopiste car il ne fait aucun doute que Werber rêve d’un monde meilleur, réaliste sur la capacité de l’Humain à être finalement son plus gros prédateur.

     

     

    Note : 14/20

     

     

    Le Papillon des Etoiles, écrit par Bernard Werber, chez Albin Michel

    June 22

    Deux pour le prix d'un

               Frédéric Beigbeder est issu de la pub et il en dresse un portrait plus que cynique dans 99 Francs. Il raconte l’histoire d’Octave, un brillant pubard qui n’en peut plus de sa situation. Il veut absolument se faire virer. Son rêve c’est de passer le reste de sa vie à sniffer de la coke et baiser des putes de luxe. Il n’assume plus son rôle qui consiste à faire acheter n’importe quoi à n’importe qui. Il n’assume pas non plus le fait d’avoir quitter celle qui porte son enfant. Octave va vivre doucement une descente aux enfers pour se retrouver au fond du trou. Conscient des règles du jeu et de ce que cela impose, il va peu à peu perdre pied dans ce monde.

    Bien sûr c’est un roman et j’imagine que Beigbeder en rajoute sur la forme mais sur le fond je ne suis pas loin de penser que le monde de la pub et notre société de consommation marchent selon ses descriptions. Le style de Beigbeder est incisif, bourré de phrases qui résonnent comme des slogans publicitaires. Néanmoins, je trouve que la fin part en vrille malheureusement ce qui laisse un arrière goût d’insatisfaction. Malgré tout 99 Francs vous ouvrira les yeux, si ce n’est pas déjà fait, sur certaines choses qui nous entourent.

     

     Note : 14/20

     

    99 Francs, écrit par Frédéric Beigbeder, édition Folio

     

     

                Ne connaissant pas l’œuvre d’Amélie Nothomb je me suis décidé à partir du titre qui était le plus évocateur pour moi. Biographie de la faim me semblait être un choix judicieux. L’auteur raconte son enfance durant laquelle elle fut trimbalée entre Japon, Chine, New York et Bangladesh à cause de son diplomate de père. Au cours de toute cette période Nothomb a faim. Elle n’a pas faim physiquement, elle a faim de sensations, d’expériences, de connaissances. Avec sa vision d’enfant la petite Amélie est en quête de plaisir sublimes tels que s’enivrer au whisky pendant les soirées de l’ambassadeur, piquer discrètement du chocolat (comme quoi Ferrero a bien raison…), boire trois litres d’eau en quinze minutes(c’est ce qu’on appelle la potomanie – on en apprend des mots dans ce bouquin…), passer autant de temps sur la cuvette des toilettes afin d’évacuer tout ça. Biographie de la faim est bourré d’anecdotes ayant pour thème l’envie. Une envie de mieux, de plus, de plus beau, de plus d’amour, de plus de rêve.

                Il faut tout de même s’accrocher quand on lit du Nothomb. Car si l’héroïne est une enfant certaines phrases sont plus proches d’hypokhâgne que du jardin d’enfant. « L’onomastique nipponne est coutumière de l’hapax ». Avec ça vous brillez certainement dans les dîners en ville mais pour la replacer levez vous de bonne heure. Et pour la comprendre…

               

     

    Note : 13/20

     

    Biographie de la faim , écrit par Amélie Nothomb , édition Livre de Poche

    June 15

    Gnan gnan

             Je n’ai jamais lu un livre écrit par une femme. Du moins je n’en avais pas le souvenir avant de me rendre compte que celui juste avant était de Balasko. Ah oui et puis la Princesse de Clèves aussi. Ca devait être en seconde ou en troisième. En conclusion de ma fiche de lecture, pompée à 99% sur « Profil d’une œuvre »,  j’ai mis un truc du genre «  je comprends que  Madame de Lafayette n’ait pas signé son roman à sa sortie… ».  Ma prof, Madame Bourgeois, elle portait bien son nom celle là, n’avait sans doute pas trop apprécié mon jugement de jeune con et avait du me mettre un truc du genre 6 sur 20.  La même note que le jour où j’ai osé dire en substance que Les Mouches de Sartre c’était nul. Ce n’est pas de ma faute si j’ai adoré Huis Clos à la place !  J’étais déjà chiant à l’époque et je n’aimais pas le Français. Encore moins les profs de Français. Surtout quand elle s’appelait Bourgeois.

             Anna Gavalda est une jeune écrivaine qui est apparu sur le devant de la scène grâce à douze nouvelles. Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part rassemble, entre autre, une jeune vétérinaire à la campagne, une jeune femme qui veut tomber enceinte, un jeune bidasse qui rentre de permission, un jeune homme qui tombe amoureux de sa collègue…Elle se met même en scène pour la dernière de ses nouvelles.

               J’ai deux sentiments qui prédominent lorsque je referme ce livre. D’abord et surtout un sentiment d’inachevé. Les histoires démarrent souvent intensément et tombent à plat. On s’attend à quelque chose de consistant et ça se termine quasiment avant d’avoir commencé. Même si c’est pas trop mal écrit. Pour une fille. C’est ça le deuxième truc qui me chiffonne. J’ai eu l’impression de lire une gamine qui croit encore au prince charmant. Et vous me connaissez, ça je ne peux pas. Elle écrit comme elle rêve de celui qui viendra la prendre sur son cheval blanc pour lui faire croire que c’est elle la reine du monde. A la limite quand le personnage principal est une femme ça peut passer, mais quand elle fait fonctionner les hommes comme des femmes, ça ne passe plus.

             Je crois que j’aurais mieux fait d’attendre encore avant de le lire. Mais bon je voulais me faire une idée. Faudra quand même que je me refasse d’autres livres de femmes.

     

     

     

    Note : 11/20

     

    J’aimerais que quelqu’un m’attende quelque part, écrit pas Anna Guevalda, édition J’ai Lu

    June 14

    Double jeu

                Judith à la cinquantaine. Judith a encore du charme. Judith a été mariée. Judith présente le Téléachat. Judith n’a pas le temps de s’encombrer avec un homme. Alors quand Judith veut se faire plaisir elle appelle Patrick. Patrick a environ vingt-cinq ans, charmant sans être un beau gosse. Patrick a monté une page web. Pour mille ou mille cinq cent euros Patrick passe un moment agréable avec des quadras ou quinquas en manque d’affection. Non, coucher n’est pas obligatoire. Patrick est un gigolo. En plus de l’argent il reçoit souvent des cadeaux.

                Fanny a vingt-quatre ans. Fanny a la beauté de la jeunesse. Fanny est mariée. Fanny n’a pas beaucoup de temps en dehors de son travail. Fanny est coiffeuse, elle a monté un salon de coiffure avec Rosalie. C’est Rosalie qui lui a présenté l’homme de sa vie : Marco. Marco a environ vingt-cinq ans. Il fait des chantiers avec un ami. Fanny et Marco vivent dans un tout petit appartement avec la mère et la sœur de Fanny. Marco est très amoureux de Fanny et lui ramène souvent des petits cadeaux.

                Fanny et Judith sont diamétralement opposées. Mais Marco est Patrick et vice-versa. Il doit jongler entre ses deux boulots et il y arrive plutôt bien. Jusqu’au jour où le grain de sable vient détruire la machine. Un trio à quatre se met en place entre l’épouse, le mari, le gigolo et la cliente.

                Josiane Balasko nous emmène dans un univers très lointain de son image de petite grosse rigolote même si par petites touches, de temps en temps, on ne voit plus Judith mais Josiane. On suit l’évolution de l’histoire au travers de trois paires d’yeux qui se racontent à la première personne. Entré dans ce livre le matin je n’y suis sorti qu’à la dernière page le soir même. Seul petit bémol, mais c’est juste pour dire un peu de mal, quelques tournures de phrases sont assez pénibles.

                 

     

    Note : 16/20

     

    Cliente, écrit par Josiane Balasko, édition Livre de Poche

    June 09

    Magnéto Philippe !

             Chers amis, chers ennemis bonjour. Quand on est un gamin on rêve d’avoir une vie remplie d’aventures telles que la vive nos héros. Thierry Ardisson ne déroge pas à la règle sauf que lui contrairement à nous il l’a fait. Dans Confessions d’un Babyboomer, le futur ex-roi du samedi soir de France 2 se raconte à Thierry Kieffer comme on se confesse à un psy. Interview « up and down » dans laquelle l’homme en noir retrace sa vie depuis son enfance de fils d’ingénieur en travaux publics jusqu’à l’année dernière.

             Parfois la vie tient à peu de choses, le mur des chiottes de la Gare routière d’Annecy dans les années cinquante va devenir pour lui à peu près aussi révélateur que les tables de la Loi pour Moïse. C’est ça qu’il veut connaître. A côté de ça il a depuis l’enfance une passion pour l’écriture, le livre est truffé d’extraits de sa prose qu’elle soit romancière ou rédactionnelle, un côté créatif qui ne le quittera jamais. Slogans publicitaires (Ovomaltine, Lapeyre y’en a pas deux…), articles dans la presse (Rock & Folk, Playboy, Paris Match…), conception de journaux (Entrevue, l’Ebdo des Savanes…), production ou/et télévisuelle (une cinquantaine d’émissions à son actif) , Ardisson va devenir un surfer urbain pour tenter d’être toujours en haut de la vague médiatique.

             Nullement complaisant à son égard, Ardisson relate aussi ses excès, junkie à Bali, alcoolo à Paris. De cette période de défonce il en est revenu, même si pétard(s) et petit(s) verre(s) font encore largement partie de son univers, et à présent il mène un combat maniaco-ludique contre la Mort. Ce livre relate aussi des rencontres. Un homo, un milliardaire hippie, un grand patron de presse, un sniper de la vanne et des femmes évidemment.

             Ardisson a eu dix-neuf ans en 68 et est représentatif de toute cette génération qui voulait changer le monde et qui finalement n’a fait que renforcer la « société de consommation » qu’elle commbattait. Mais au moins lui en est lucide est assume. Catholique ayant l’espoir de devenir chrétien, monarchiste dans le fond mais pas dans la forme ( « La monarchie c’est avoir un arbitre au dessus des partis, en République les capitaines des deux équipes se battent pour devenir arbitre du match »), Thierry Ardisson se livre totalement dans Confessions d’un Babyboomer, il met sa vie en scène (quoi de plus normal pour quelqu’un qui a appelé son premier roman Cinémoi !) mais il n’y a aucun effet spéciaux.

             Et puis un homme qui utilise son portable pour commander un verre alors que le bar est à 30 mètres est forcément un garçon intéressant.

     

     

    Note : 16/20

     

    Confessions d’un Babyboomer, Thierry Ardisson avec Philippe Kieffer, Editions J’ai lu

    June 05

    Pauvre petite fille riche

         Un de mes meilleurs potes est un cinéphile enragé. Quand je lui ai demandé son avis sur Marie-Antoinette il m’a répondu en moins d’une seconde : « C’est génial ! -Tu trouves ? -Ouais ouais ! –Non parce qu’à part voir Kirsten Dunst à poil toutes les cinq minutes je vois pas l’intérêt… -Justement c’est ça qui est génial ! ». Bon ok je ne vous ai pas dit que mon pote était un pervers polymorphe insatiable qui court après toute personne ayant un numéro de sécu commençant par 2. Et puis franchement à part des costumes et des décors qui feraient fantasmer Roger Hart et Donal Cardwell il n’y a pas grand-chose à apprécier de ce film.

         Marie Antoinette est une gamine de seize ans que l’Impératrice d’Autriche donne à la France comme une gamine thaïlandaise dont les parents n’auraient plus les moyens d’assumer son éducation. Sauf que dans ce cas précis c’est pour le bien de l’Autriche et de la France, c’est magique, noble et magnifique. Bien sûr Mère reprochera jusqu’à la fin de sa vie que sa fille  ne se fasse pas sauter et encore moins engrosser par son Dauphin de mari. Bon Ok Le futur Louis XVI n’était pas très dégourdi et pour un mec qui aimait la serrurerie on ne peut pas dire qu’il avait envie de faire sauter le verrou de sa femme. Pourtant, et je rejoins mon pote sur ce plan, elle est jolie la demoiselle.

         Pour toutes les ados boutonneuses et les vieilles rêveuses qui croient encore au mythe du Prince Charmant sur son cheval blanc, ce film est fantastique. On y voit un défilé de robes, de chaussures, de compositions culinaires du plus bel effet. La pauvre princesse abandonnée succombe dans les bras d’un soldat magnifique mais reste tout de même dévouée à son royal mari jusqu’au bout.

         Pourtant ça me disait bien d’aller le voir ce film au départ mais j’ai été déçu au fur et à mesure que les deux heures s’écoulaient. Mais après tout à quoi devais-je m’attendre? Marie Antoinette a vécu dans le luxe et le ridicule de l’étiquette versaillaise, dans un monde totalement répugnant qui passe sa vie à se baffrer alors que le peuple crève la faim. Ah si une Révolution pouvait changer tout ça. Mais à quoi bon ? Remplacer Louis par François ou Jacques ?

         La fin de l’histoire est abrupte mais on ne peut plus logique finalement car le concept c’est la vie de Marie-Antoinette à Versailles. La trouvaille du film ? Une bande son anachronique et rock’n’roll qui démontre que les adolescentes du 18eme siècle (Marie Antoinette n’a que 16 ans quand elle arrive à Versailles) ne sont pas très éloignées de celles du 21ème siècle.

     

     

    Note : 9/20

     

    Marie-Antoinette, réalisé par Sofia Coppola, avec Kirsten Durst, Jason Schwartzmann, Rip Torn…     

    June 02

    Un Roi républicain

    Le 14 mars 2005 France 2 révélait quels étaient les cents plus grand Français de tous les temps. Ce sont les Français qui ont parlé aux Français. Le peuple a choisi. Evidemment étant donné que seuls les vivants votent il y a beaucoup de gens « contemporains » dans la sélection. On y retrouve donc beaucoup de chanteurs de variété, de comédiens, de sportifs, et même un comique à la cinquième place. Il y a peu d’hommes qui ont marqué l’Histoire de France à tout jamais. De tête j’en vois quatre. Charlemagne (22ème dans ce fameux sondage entre Lino Ventura et Zinédine Zidane...), Louis XIV (50ème entre David Douillet et Eric Tabarly…), Napoléon Bonaparte (16ème juste devant De Funès mais derrière Fernandel…) et le Général De Gaulle. C’est lui qui a été élu plus grand Français de tout les temps. Est-ce justifié ? Pour ma part ce n’est pas un hold-up et je pense que finalement beaucoup de gens ont voté pour lui en sachant ce qu’on lui doit.

    Max Gallo après la tétralogie sur la vie de Napoléon, a récidivé en livrant quatre volumes sur la vie du Général. Je n’aime pas du tout le style de l’écrivain qui donne l’impression d’avoir été présent à chaque seconde au côté du héros. Cette biographie sans doute fiable en devient parfois trop belle pour paraître vraiment fidèle. Comme tout le monde de ma génération je ne connaissais pas grand chose de De Gaulle. L’appel du 18 juin, la descente des Champs- Elysées en août 44, Je vous ai compris et Vive le Québec Libre. Même si De Gaulle s’était résumé uniquement à ça, il aurait eu une bonne place dans la postérité. Mais non De Gaulle ça n’a pas été uniquement ça, c’est même beaucoup plus que ça. Cette tétralogie raconte l’histoire d’un visionnaire parmi les myopes, d’un homme qui s’est toujours battu pour rester debout parmi les couchés, d’un homme qui voulait emmener non pas les moutons mais les veaux vers un pâturage plus élevé. Les quatre volumes écrits par Gallo, qu’on ne peut soupçonner d’idolâtrie aveugle envers  De Gaulle puisqu’il a été porte parole du gouvernement sous Mitterrand, rendent hommage à celui qui a dit Non et ont le mérite de nous faire découvrir tout un pan de notre histoire contemporaine. Avec un homme au destin exceptionnel on traverse la Première Guerre mondiale, les années folles, l'Occupation, la Résistance, la Liberation, la Guerre d'Algérie, Mai 68 pour finir la course à Colombey les Deux Eglises en ayant une amère impression de gâchis.

         On comprend pourquoi à cause d’hier aujourd’hui est sans doute meilleur que demain. Ce livre aussi est un hommage poignant à tous ceux qui se sont battu un jour pour qu’aujourd’hui la France soit encore debout, ceux qui à un moment de leur vie ont fait passer l’intérêt collectif avant les intérêt particuliers.

         Je vous conseille vivement de plonger dans cette biographie, que vous ayez une quelconque sympathie ou non pour ses idées politiques, car ce n’est pas l’histoire d’un mec mais celle d’un Homme. Un grand. Le plus grand ?

     

     

    Note : 18/20

     

    L’appel du destin (1890-1940) – La solitude du Combattant (1940-1946) – Le Premier des Français (1946-1962) – La statue du Commandeur (1962-1970), écrit par Max Gallo aux éditions Pocket.
    May 31

    Crise de foi

    Parfois c’est bien foutu la propagande. Depuis que j’avais vu la bande-annonce du Da Vinci Code je ne voulais pas le rater. J’ai dévoré le roman de Dan Brown et au premier abord je me faisais une joie de voir le film. Tom Hanks est un de mes acteurs favoris- Forrest Gump, Il faut sauver le soldat Ryan, la ligne Verte font partie de la demi douzaine de films qui me font grimper au rideau, Jean Reno est loin d’être mauvais également et l’histoire est bien ficelée.

    Oui mais… oui mais voilà j’avais aussi peur d’être déçu. Peur que mon imagination ait trop bien travaillée grâce à Dan Brown. Peur que le film ne soit pas à la hauteur de celui que je me suis fait en lisant le livre.

    Et puis doucement mais sûrement des voix se sont élevées. L’Eglise catholique d’abord, et c’est normal vues les théories présentées par ce film. L’Eglise défend son commerce et se sent attaquée par des hypothèses contradictoires qui soit dit en passant ne sont pas plus farfelues que les dogmes fondamentaux de n’importe quelle religion. Le Vatican a fait son boulot de propagande en concédant avec honnêteté que finalement ça faisait aussi de la pub pour le film. Pour une fois je ne taperai pas sur les cinglés de la calotte. Mais les moutons suivent le troupeau c’est bien connu. Et voila que dans la société civile, une campagne de dénigrement s’installe. A l’image d’une Laurence Ferrari dans l’émission Qui veut gagner des millions ? qui dépeint le Da Vinci Code comme un tissu d’inepties, d’autres personnalités prennent une air de dégoût à l’évocation de ce film.

    Comme la machine est bien huilée, j’ai pu constater sur différents forums que beaucoup de gens posaient des critiques acerbes sur le Da Vinci Code. A tel point que je me suis posé la question : «  est-ce que ça vaut VRAIMENT le coup que j’y aille ? ». Mais je me targue d’avoir un cerveau et d’essayer de m’en servir le plus souvent possible. Même si d’après Bernie « ils sont forts les enculés d’en face », je les ai vu venir quand même. Alors j’ai surmonté mes inquiétudes et avec Miss Nine d’un pas décidé nous sommes partis au cinéma. En plus à 4€90 la place ça ne valait pas le coup de s’en priver.

     

    Da Vinci Code est finalement un bon divertissement, et c’est son seul but. L’intrigue n’est pas trop mal rendue et j’imagine que pour quelqu’un qui n’a pas lu le livre le suspense est présent. Mais il faut quand même dire que cette intrigue ne correspond pas tout à fait à l’originale, Les acteurs tiennent impeccablement leur rang et jouent comme ils sont capables de le faire. Même Audrey Tautou malheureusement. Beaucoup de bruit pour pas grand-chose. Da Vinci Code n’est qu’un Indiana Jones des temps modernes. Je n’ai pas le souvenir d’avoir entendu autant d’indignations quand Indiana Jones a trouvé l’Arche d’Alliance. Da Vinci Code n’est qu’un roman basé sur des choses concrètes (tableaux, symboliques, Histoire) et ne prétend pas faire loi. La Bible, finalement, n’est qu’un roman basé sur des choses mystiques et invraisemblables avec un fond d’Histoire réelle et prétend faire loi. Contre quoi faut-il vraiment s’indigner ?  

     

     

    Note : 15/20

     

    Da Vinci Code, réalisé par Ron Howard, avec Tom Hanks - Audrey Tautou – Jean Reno…

    May 15

    Coup de foudre à Cannes

    Vous connaissez tous les comédies romantiques à l'américaine. Ils n'ont rien à voir ensemble, ils se détestent et à la fin ils se marient sous un coucher de soleil dans un jardin. Le mythe de la princesse et du prince charmant remis au (dé)goût du jour. Et bien "Quatre étoiles" est une comédie romantique américaine à la française. Un peu moins de sirop, il n'est pas question de mariage à la fin, mais on utilise à peu près les mêmes ficelles.

    Une jeune et charmante demoiselle de condition modeste, joué par la ravissante Isabelle Carré, hérite cinquante mille Euros d’une arrière grande tante qu’elle ne connaissait pratiquement pas et décide de s’offrir un peu de rêve. Elle quitte son mec (qui évidemment l’ennuie profondément) et son petit appart pour s’installer au Carlton à Cannes. Dans ce palace elle y croise José Garcia, petit escroc avec une grande gueule qui va tenter de mettre la main sur l’héritage d’ Isabelle Carré pour rembourser une dette de jeu. Le jeu du chat et de la souris peut commencer entre les deux acteurs. Entre eux deux va intervenir un pilote de Formule 1 incapable d’aligner trois mots dès qu’il se retrouve en présence d’ Isabelle Carré.

    José Garcia se promène dans un rôle taillé pour lui, Isabelle Carré est parfaite, François Cluzet impeccable dans le croisement de Jean Alesi et Jean Claude Van Damme, on ne s’ennuie pas une seconde mais on ne s’emballe pas non plus pour ce film. Même si quelques répliques font mouche tout de même (Mais non je ne vous fais pas mal… Là, oui je vous fais mal !), je suis ressorti de la salle en me disant «  Ouais c’est pas mal mais ça ne casse pas trois pattes à un canard ». En même temps ce film est sans prétentions et n’a pas déployé des tonnes de promos pour attirer les spectateurs. Une future bonne audience sur TF1 j’imagine…

     

     

    Note : 13/20   

     

    Quatre étoiles, réalisé par Christian Vincent, avec Isabelle Carré – José Garcia – Vincent Cluzet.

     

     

                Pour l’occasion Miss Nine et moi avons découvert l’UGC Cité Ciné la Défense. Tout nouveau tout beau on s’y sent bien, les salles sont à priori bien structurées pour éviter d’avoir la tête du voisin de devant en plein écran même quand on est pas très grand (ce qui est notre cas).

     

     

    May 03

    Le kiki de tous les kikis

    Il y a 10-15 jours je vois la critique d'un one man show dans 20 Minutes. On y parlait d'un Suisse qui débarquait à Paris pour parler de sa vie sexuelle. Forcément le Jedi ne pouvait pas rater ça. Ni une ni deux je réserve des places sur www.billetreduc.com . Cinq Euros au lieu de vingt-cinq ça vaut le coup et puis même si c'est nul on aura pas payé bien cher. Nous voici donc au théâtre de Trévise à 21 h 30 pour voir ce type qui apparemment a son petit succès chez nos amis helvétiques. Radio, presse, telévision, scène, cet homme occupe le terrain. En même temps quand on connait les specificités de Gruyèreland avec ses trois communautés (francophone, allemanique et "italienne") et ses médias pour chaque communauté, il ne doit pas être difficile si on a un peu de talent de se retrouver sous les projecteurs. Ca tombe bien Frédéric Recrosio, puisque c'est de lui qu'il s'agit, en a beaucoup.
     
    Une table, un bloc notes, un orgue de Barbarie et un Rubik's cube suffisent à Recrosio pour nous raconter son autobiographie sexuelle et par la même occasion donner le mode d'emploi du mâle basique. C'est à dire avec le cerveau dans le caleçon. 
     
    Pour un homme il y a avant et après. Avant son kiki n'est qu'un organe urinaire. Après il découvre que son kiki est aussi un pénis. Et le sens de la vie lui devient tout à coup évident. Il doit coincer le maximum de malheureuses. A l'aide de schéma explicatifs Recrosio nous montre le mode de fonctionnement de l'appareil génital masculin ce qui est très instructif pour ces demoiselles et nous présente l'état d'avancement de ses recherches sur celui des femmes. Toujours dans sa quête de connaissance, Récrosio est favorable à une approche statistique de la drague ( sur 300 nanas dans une soirée y'en a bien une qui va dire Oui quand même...) et accompagne cette méthode d'un esprit pratique et ordonné. Il propose de mettre des gommettes sur celles qu'on a déjà importuné.
     
    Le spectacle a un peu de mal à demarrer, on se demande où Recrosio veut nous emmener, mais une fois que le texte a pris son rythme de croisière, les rires s'enchaînent, tous les mecs présents dans la salle en prennent pour leur grade et se reconnaissent plus ou moins dans ce portrait. Les femmes profitent de ces 90 minutes pour se rappeler telle ou telle de leurs conquêtes passées ou actuelles, mais de temps en temps un coup de griffe leur rappelle que tout n'est pas de notre faute quand même.
     
    Qu'est ce qu'il fait avec le Rubbik's cube ? A votre avis ?
     
    Note : 18/20
     
    Frédéric Recrosio : Rêver, grandir et coincer des malheureuses (biographie sexuelle d'un garçon, pas mieux) - Théâtre de Trévise , 14, rue Trévise 75009 PARIS - Mardi au samedi 21 h 30
     
    Site internet : www.recrosio.ch