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September 22 Série Noire (3)Hier c’était vendredi et je voujais bien qu’on m’aime. Mais ce soir là il n’y avait ni Wanda, ni sirène. Il faisait déjà nuit et seul mon chat daignait passer sa soirée avec moi. Ceci dit il ne faisait pas beaucoup d’effort, il ronronnait sur mes genoux en digérant. En me levant brusquement j’ai pris six coups de griffes dans les cuisses. Saleté de chat ! J’ai attrapé mon blouson accroché au portemanteau et je filai dehors. Ce soir direction le luxe et les abords des Champs.
Un.
En déambulant dans les rues, je ne voyais que des grosses berlines aux phares surdimensionnés et des larbins portant l’uniforme des palaces. A quelques kilomètres de chez moi un autre monde s’agitait. Ses valeurs sont si différentes des miennes, ses devises aussi. Ici on ne parle que de dollars, yens, euros, livre sterling, de CAC 40, NASDAQ, indice Nikkeï, vacances à Gstaad, ou au Bahamas. Les magasins de luxe éclairent le quartier d’une lumière vulgaire. Le rêve à portée d’yeux mais pas à portée de mains.
Deux.
Il s’est mis à pleuvoir et je m’abritai sous le porche d’un de ces immeubles hausmanniens. J’attendais, rien à faire. Hier c’était vendredi et à vingt-trois heures un blaireau allait voir sa vie changer. Jusqu’à aujourd’hui il se levait de bonne heure pour aller gagner une misère. A vingt-trois heures cinq, après avoir vu comme toutes les semaines une demi douzaine de boules tomber d’une sphère, il aura un ticket à deux cents millions d’euros dans les mains. Ca faisait deux mois que la cagnotte n’est pas tombée. On ne pouvait pas ignorer l’info, tout le monde en parlait. Aux infos, sur les affiches, à la radio, dans les journaux, au bureau. Tout le monde espèrait gagner ces foutus deux cents millions. Et dans deux ans on verra dans une quelconque émission débile le mec qui est devenu dépressif, divorcé et ruiné après avoir claqué tout son pognon gagné au Loto. Etre riche ce n’est pas un truc de pauvres
Trois.
Voila le gagnant de ce soir. Il approcha d’une BMW noire aux vitres teintées. Il était trop vieux et trop gras pour en être le chauffeur. Il appuya sur le bip de la clef pour déverrouiller la fermeture centralisée des portes. Je me suis jeté sur lui et lui ai asséné un coup violent sur la nuque. Il s’effondra en silence. Il était vraiment gras. J’ai eu toutes les peines du monde à le traîner sur la banquette arrière. En fouillant son coffre j’ai trouvé une caisse à outils. Je collai les mains du lauréat sur la banquette et les chaussures sur le plancher avec de la colle extra forte. Quand il se sera réveillé il ne pourrait plus bouger. Un petit chiffon au fond de la bouche et j’aurai la paix. Je n’ai jamais conduit une telle voiture alors j’en ai profité pour me promener dans Paris. La Tour Eiffel, le Trocadéro, la Place de l’Etoile, la Concorde, les quais de Seine, Les Invalides, Montparnasse, j’ai joué au vrai petit touriste dans cette bagnole de luxe. Moi aussi ce soir je ferai un ou plusieurs heureux. Le lendemain matin sa femme et ses gosses se réveilleront avec un héritage tombé du ciel. Mais malheureusement pour eux ça ne sera pas net d’impôts. Dans son attaché case, des relevés de comptes lui appartenant m’ont révélé que mon gagnant était plus que blindé.
Je l’entendis remuer et tenter de pousser des cris. Il paniquait le pauvre. C’est qu’il se faisait tard et il allait falloir penser à rentrer. Mais avant il fallait finir le boulot. J’avais besoin d’un coin tranquille pour ne pas être vu. J’évitai le bois de Boulogne qui est fort fréquenté à cette heure ci et j’ai opté pour la forêt de Meudon. Après une petite demie heure je trouvais l’endroit idéal. Un parking isolé pas trop proche des arbres. J’ai demandé à Jean-Louis, on apprend beaucoup en fouillant dans les affaires des autres, s’il fumait. Il hocha la tête pour répondre par l’affirmative. Je le fouillai et trouvai un briquet dans sa veste. J’aspergeai la banquette avec de l’huile de vidange et je jetai un bout de tissus flambé. Je ne suis pas un chien, j’ai laissé une scie aux pieds de Jean Louis pour qu’il puisse se sauver. Bon d’accord il n’avait pas de mains disponibles pour s’en servir mais c’est l’intention qui compte non ? L’habitacle prit très rapidement pris une couleur orangé. Jean-Louis me regardait en hurlant. En tentant d’hurler devrait-je dire parce qu’avec ce chiffon au fond du gosier je n’ai rien compris à ce qu’il voulait me dire. Il gesticulait dans tous les sens en voyant les flammes s’approcher de lui. Malheureusement la pub dit vrai. La colle est extra forte et le pauvre Jean Louis se transforma en torche humaine. Tout en me reculant, j’admirais les flammes qui dansaient autour de lui et je fila m’abriter un peu plus loin. Au bout de trois minutes, la BMW explosa mettant un terme à ce méchoui improvisé. Je n’avais plus qu’à rentrer chez moi. J’ai marché toute la nuit pour rejoindre une gare.
Ce matin mon chat m’attendait pour manger. Il n’a eu que des croquettes. Je ne lui ai rien ramené, la prochaine fois il fera ses griffes ailleurs. La semaine prochaine il y aura deux cent vingt millions dans la cagnotte. September 21 GénéapaslogiqueUne très importante découverte vient d'être faite en Ethiopie :
"Le squelette exceptionnellement préservé d'un bébé australopithèque, bipède et vraisemblablement grimpeur, mort à l'âge de trois ans il y a 3,3 millions d'années, a été découvert dans le nord-est de l'Ethiopie, annonce une équipe scientifique dans la revue Nature de jeudi."
Ce matin au journal télévisé de la Deux le journaliste s'enflamme :" Elle est notre ancêtre à tous, elle devient la mère de l'humanité... bla bla bla bla..."
Oh Maurice tu viens de dire qu'elle était morte à TROIS ans ! Je veux bien qu'un hominidé vieux de 3.3 millions d'années ressemble plus à un humain que ma mère mais j'ai comme un doute sur le fait qu'elle ait pu avoir une descendance la Teletubbies préhistorique...
Je sais bien que les nanas sont de plus en plus précoces mais à 3 ans quand même...Marc Dutroux existait déjà ? (Ouais je la garde celle là
Sinon Colo ca te fait plaisir que ta petite soeur soit devenue si celèbre ? ( Ca c'est fait...
September 19 Page 4236. DISCOURS
Le Commandant Luc Deschamps fait face à la Communauté. Près de lui se tient le Conseil communautaire. La nouvelle du départ d’une centaine de personnes s’est répandue comme une traînée de poudre. La surprise et l’inquiétude se sont mêlées dans chaque esprit depuis le réveil. Apparemment rien ou presque n’avait filtré de ce projet de scission. La solidarité et l’entraide avaient toujours prévalu sur toutes considérations depuis l’atterrissage de l’A399 et voilà qu’aujourd’hui une partie d’entre eux avait choisi de les fuir. - Mesdames et messieurs, commence Luc Deschamps, comme vous le savez sans doute, cent onze Communautaires nous ont quitté sans prévenir cette nuit. Ils ont emportés presque tout notre stock de nourriture et quelques outils. Même si nous n’en avons pas encore la preuve, il y a fort à parier que Diego Armando ait pris la tête de ce mouvement. Bien que ce départ soit handicapant pour la Communauté sur le plan matériel et humain nous ne devons pas considérer les fuyards comme des ennemis potentiels. Ils ont fait un choix. Nous tous ici présents en avons fait un autre. Néanmoins cette situation apporte un nouveau problème. La Communauté n’est plus isolée. Diego Armando sait où nous nous trouvons et nous connaissons tous sa personnalité. Nous pouvons craindre un retour musclé de sa part. Tant qu’il n’a pas agi de la sorte, je vous le répète, il n’est pas notre ennemi. La Communauté ne donnera jamais le premier coup mais fera toujours en sorte de ne pas prendre le deuxième. Nous devons donc renforcer nos défenses, nous développer encore et toujours et nous allons tenter de rentrer en contact avec d’autres tribus pour mettre en place des alliances. Très rapidement nous allons mettre sur pied un détachement diplomatique pour aller dans la tribu de Cafu…
En entendant cela Cafu se fige et tourne lentement la tête vers le Commandant. Il a peur d’avoir compris. Ils veulent aller chez moi ? Je n’y suis pas retourné depuis des mois. Mauro doit sûrement toujours vouloir me tuer. Je n’ai jamais parlé de mon histoire à ma nouvelle tribu. Suis-je prêt à retourner chez les Chamac ? Suis-je prêt à affronter Mauro ? Pourtant je dois venger les miens. Le regard de Cafu devient complètement vide. Devant lui repassent les images de sa vie auprès de sa famille, dans sa tribu. A force de vivre ici dans la Communauté, il a appris à vivre différemment, a découvert d’autres coutumes, il commence même à parler un autre langage. Il en avait presque oublié sa vie d’avant. Et voilà que le Commandant Deschamps a fait resurgir en lui toutes ces choses qu’il avait enfouies depuis qu’il avait entendu les soldats de Mauro évoquer la mort de sa mère.
- … et à ce propos n’oublions jamais notre passé. Nous n’allons pas coloniser les tribus que nous allons rencontrer. Nous allons d’abord essayer de nous faire accepter et ensuite tenter de faire des échanges. Certes notre savoir est très largement supérieur à toutes la somme des connaissances du reste du monde mais ces tribus possèdent des choses que nous n’avons pas. Leur rapport avec la nature nous sera très précieux pour nous développer. Il y a trois types de rapports possibles entre les peuples : association, domination, neutralité. La neutralité n’apporte rien entre deux peuples. La domination de l’un par l’autre finit toujours en tragédie. Le seul rapport bénéfique pour les deux est l’association. C’est dans cette voix là que la Communauté va se diriger. Toutefois je ne vous cache pas que parfois il faudra mener des combats armés. Malheureusement il a toujours fallu verser du sang dans l’Histoire de l’Humanité. Nous avons un certain avantage car nos connaissances en matière technique et militaire sont en avance de dix mille ans sur le reste du monde. A part bien sûr en ce qui concerne Armando et sa troupe. C’est aussi pour ça que cette fuite nous pose un problème. Si Armando parvenait à se développer et à mener une politique expansionniste nous irions vers les pires ennuis. Mesdames et messieurs, ayons confiance en nous et tout se passera pour le mieux. La foule se disperse et des petits groupes se forment pour disserter de la situation du jour. Le discours du Commandant ayant plutôt rassuré la Communauté, les jours suivants se déroulent sans soucis majeurs. Les équipes de chasses ramènent suffisamment à manger, l’élevage de bovins se développe, l’industrie communautaire continue de progresser et les conditions de vie s’améliorent de jour en jour. September 18 A crétin crétin et demi- La façon dont tu crois en la même chose que moi fait que tu es violent !
- C'est pas vrai , je suis indigné. Si tu t'excuses pas je te bute ! September 14 Le parlement russe rejette une proposition d'envoyer Madonna dans l'espaceMOSCOU (AFP) - Le député russe Alexeï Mitrofanov a proposé lors d'une séance plénière de la Douma (chambre basse du Parlement), d'envoyer la chanteuse américaine Madonna sur la Station spatiale internationale (ISS) en 2008, mais sa proposition n'a pas été soutenue. "Pendant son voyage à Moscou, Madonna a exprimé le désir de partir dans l'espace, à bord de l'ISS", a déclaré mercredi M. Mitrofanov, député du parti ultra-nationaliste LDPR. Il a estimé que l'organisation d'un tel vol pourrait être "un grand événement à organiser la même année que les élections (présidentielles) aux Etats-Unis et en Russie" en 2008.
Même pas pour un aller simple ? Allez... soyez sympas! September 12 Etats-Unis: un an de prison pour avoir jeté un chihuahua par la fenêtreLOS ANGELES (AFP) - Un homme de 28 ans a été condamné lundi à Los Angeles (Californie) à un an de prison ferme et cinq de mise à l'épreuve pour avoir jeté le chihuahua de sa petite amie par la fenêtre, chute à laquelle l'animal n'a pas survécu. Emidio Jesus Medina avait plaidé coupable en janvier de cruauté envers un animal. Le 30 août 2005, lors d'une dispute avec sa petite amie à Compton, une ville défavorisée au sud de Los Angeles, il avait dans un accès de rage jeté le petit chien dans la rue, au moment où passait une voiture.
L'animal avait été écrasé devant sa propriétaire et ses deux petites filles, ce qui a valu à M. Medina une inculpation supplémentaire pour violences sur des enfants.
M. Medina a déjà purgé sa peine, étant incarcéré depuis les faits. Outre cinq ans de mise à l'épreuve, il devra suivre un programme de désintoxication et un stage où on lui apprendra à maîtriser ses nerfs.
- Monsieur le Juge je vous le jure je me suis trompé c'est Bobonne que je voulais balancer par la fenêtre.
- Ah bon ? Dans ce cas jene vous donne qu'un an de prison mais fini les bêtises hein ! La prochaine fois ne vous trompez pas ! Au pire je ne sais pas moi , balancez un môme ! Mais ne touchez plus aux animaux ! September 05 Page 4134. AVRIL. PLUS LOIN.
Cent onze personnes chargées comme des mules fendent la forêt. Cette troupe silencieuse suit le fleuve sans jamais s’en approcher. Un homme mène le troupeau. Il vocifère par moments et est le seul à avoir les bras vides. - Patron, vous croyez qu’on a eu raison de partir comme ça, dit Marini. Nous leur avons quasiment tout pris dans la réserve de nourriture, ce n’est pas très correct. - Et tu voulais peut être qu’on parte sans avoir de quoi manger ? Il fallait rester avec eux si mes méthodes ne te plaisent pas, répond Armando. Je n’allais pas rester avec ses sales gauchistes non ? Je suis Diego Armando, je ne m’abaisserai pas à obéir à quelqu’un qui n’a pas plus de dollars que moi. Refaire le monde ? Pourquoi ? Il était très bien ce monde. J’avais beaucoup d’argent, je ne me fatiguais pas au travail, j’avais tout ce que je voulais, et ce que je ne n’avais pas il me suffisait de l’acheter. Apparemment je n’étais pas le seul à ne pas vouloir de leur révolution utopique. Plus d’une centaine de personnes sont parties avec moi cette nuit. Il reste encore des gens sensés sur cette Terre heureusement. Tu peux encore faire demi-tour et rejoindre ces crétins si tu le souhaites. - Non non Patron, je vous suis. Je suis de votre côté, je viens aussi d’une grande famille et ce monde qu’ils veulent fabriquer n’est pas le mien.
Après une journée entière de marche, la troupe a parcouru cinquante kilomètres. Un campement abandonné est accueilli comme une aubaine. On allume un feu dans un cercle de pierre et tout le monde prend possession des petites huttes. Quelques squelettes éparpillés, probablement les anciens propriétaires des lieux, jonchent le sol. Le repas est vite avalé et chacun s’endort lourdement après cette journée harassante. La troupe est constituée principalement d’hommes et de leurs épouses. Du moins celles qui n’ont pas profité de l’occasion amenée par ce schisme pour se débarrasser de leur mari. On retrouve quasiment toute la classe Elite dans cette nouvelle tribu. Quelques opportunistes se sont glissés dans cette nouvelle tribu dans l’espoir d’améliorer leur condition sociale. En vivant près des riches ils pensent le devenir.
35. DANS L’AVION
- Regardez Commandant, dit Cécile Muller, la réserve est quasiment vide. D’après Manuel Brito il manque quelques outils également. - Et on sait qui a fait ça ? Attendez ne me dîtes rien. Je n’ai pas entendu la voix nasillarde du sieur Armando ce matin. Il est dans le coup n’est ce pas ? - Oui Commandant. Nous avons dressé la liste des disparus. La Classe Elite dans son ensemble ou presque. - Les rats ont quitté le navire ? Tant mieux ! Je suppose que les ecclésiastiques ont suivi le mouvement ? - Oui Commandant. - La Noblesse et le Clergé, main dans la main comme d’habitude. Bon et bien au moins nous aurons besoin de moins chasser, et de moins de matériel pour vivre. Je parlerai ce soir à la Communauté.
Deschamps réunit sur le champ le Conseil pour évoquer la nouvelle situation. Il faut réorganiser tout le système des tâches suite à cette défection de cent onze personnes. Chasse, construction, éducation, agriculture, tous les domaines sont touchés par cette fuite. Le soir venu, toute la Communauté est réunie au sein de l’A399. September 01 Série Noire (2)J’avais noté son numéro sur le répondeur de mon hôte de la veille. Une recherche rapide sur Internet pendant mes heures de boulot m’a donné son adresse. J’ai passé ma journée tranquillement au bureau. Sept heures à poser mon cul sur un fauteuil devant un ordinateur. Avant on avait un bureau pour deux ou trois maintenant c’est un open-space pour vingt. Remarquez que ce n’est pas pour autant qu’on communique plus. Il m’arrive très fréquemment d’envoyer des mails à un collègue situé à environ quatre mètres de moi. Même le téléphone fonctionne moins. Sauf en cas de coupure réseau. Qu’est ce qu’on en reçoit des mails je vous jure ? Entre les remontrances du patron qui se plaint que le boulot que vous avez fait à sa place (en plus du votre évidemment) est en retard d’une journée, les blagues que m’envoient mes amis, les notes internes qui ne veulent rien dire, la propagande des différent syndicats et les spams, je passe la moitié de ma journée la tête dans ma messagerie. Je regarde peu la télévision, je suis toujours plongé dans un livre quand je suis dans le métro, je n’écoute quasiment pas la radio mais la pub arrive quand même jusqu’à moi. Ca m’énerve. Je ne vois pas trente six solutions pour me calmer. J’ai donc été voir Sandra. En allant à la gare j’ai voulu regarder les étoiles. Mais la fée électricité submerge la ville et il y a bien trop de lumière pour espérer voir le ciel. Tout ce que j’ai pu voir en levant la tête c’était une affiche avec une nénette quasiment à poil en train de manger un yaourt. Avec Sveltesse je ne prends pas de fesse. Pas loin de là il y’avait une autre affiche. Encore un mannequin dévêtu qui me regardait d’un air mutin, la cuillère dans la bouche et un peu de yaourt au coin des lèvres. Je mange Danone et je suis bonne ! Puis plus loin des campagnes de pubs pour des voitures hyper sportives qui feraient de moi l’homme le plus séduisant du pays. Puis de la soupe lyophilisée, des magazines en tout genre, une lessive, des vacances à l’autre bout du monde dans des pays ou le quidam moyen gagne en une vie ce qu’un smicard gagne en un an, une lessive, des promotions dans les supermarchés, encore une pub pour un yaourt Avec Taillefine j’ai bonne mine, une lessive, une chaîne de télé qui annonce sa nouvelle série, Weight Watchers j’en mangerais pendant des heures, la prochaine tournée de Johnny et une lessive.
En vingt minutes de marche j’avais vu autant de pub que pendant les quatre dernières semaines. J’avais décidé de ne pas m’encombrer pour ma sortie, alors il a bien fallu que je regarde ce qui m’entourait. Sur chaque quai une dizaine d’affiche de quatre mètre sur trois, toutes identiques décorait les stations. Matraquage intellectuel. Ce trajet devenait insoutenable. Heureusement que Sandra n’habitait pas très loin. En sortant de la bouche du métro je tombe directement sur son immeuble. Un homme qui sortait son chien m’a permis d’entrer dans le bâtiment sans avoir à appuyer sur l’interphone. Un coup d’œil rapide sur la boîte aux lettres m’indiqua qu’elle habitait au dernier étage. C’était le seul appartement sur le pallier. J’ai frappé à la porte. La voix du répondeur m’a demandé mon identité. Je n’ai pas menti. J’ai dit que j’étais un ami très proche de Julie. Après tout c’est auprès de moi qu’elle avait passé ses derniers instants. Sandra m’a ouvert. Elle était apparemment en train de faire du sport. Elle m’a fait entrer et est partie prendre une douche. Je me suis installé sur le canapé, j’ai éteint la télé et j’ai pris un magazine. Un de ces journaux féminins avec les derniers régimes miracles, les tendances fashion de l’hiver prochain, les potins mondains, la rubrique sexologie et bien évidemment l’horoscope de la rentrée. J’ai survolé mécaniquement. A chaque page je regrettais de plus en plus d’avoir mis ce torchon entre mes mains. Il fallait que je m’occupe. Je me suis levé pour faire le tour du propriétaire. Un poster de Marilyn, des petits bibelots, des photos de Julie où elle pose comme une actrice has been, un portait de son jules probablement. Il ne devait pas vivre ici apparemment. Cela m’arrangeait. Et puis dans le coin une petite lampe en fer forgé. Elle m’a tout de suite plu quand je l’ai vu. Je l’ai débranché, j’ai enlevé l’abat jour et je l’ai caché sous les coussins du canapé. Quand elle est sortie de la salle de bain, elle avait encore les cheveux mouillés. Elle portait un haut moulant rose fluo, une jupe courte jaune fluo et des leggings vert fluo. Faute de goût. « Ca te dérange pas si je met la télé ? Il y a Francis Huster !» J’ai du répondre vaguement que j’étais d’accord. Bon là j’avoue qu’à ce moment j’ai menti. Elle fixait l’écran en me parlant. Vous pensez bien que la météo c’était beaucoup plus intéressant que moi. Elle aurait du me demander. Pour la soirée étaient prévus tempête et orage. Je lui ai annoncé que sa copine Julie venait de mourir. Enfin je prenais le dessus sur Evelyne Dhéliat. « Heureusement Ikéa est là ». Oui heureusement qu’Ikéa était là. Je ne savais plus quoi lui dire à l’arlequin qui servait de copine à la regrettée Julie. J’ai pris la lampe forgée et j’ai tapé du plus fort que j’ai pu sur son front. Coupure du son et de l’image. Pas morte, juste inconsciente. Tant mieux j’aurai regretté que ma visite se termine si vite. Dans sa chambre j’ai trouvé de quoi l’attacher. Je ne sais pas si elle était dans la police mais il y avait toute une série de menottes dans son armoire en tout cas. J’ai attendu qu’elle se réveille. Bon d’accord quand je lui ai enfoncé un entonnoir dans la bouche ça a sans doute dû l’aider. Ses yeux révulsés faisaient peur à voir. Je suis un sensible vous savez. Il fallait que je la rassure. Consommez et vous vous sentirez bien. Toutes les périodes de l’année sont un prétexte pour dépenser son pognon. Noël, Halloween, la Fête des Mères, des Grands-mères, des secrétaires, la Journée de la Femme, la rentrée, Pâques, la Saint Valentin, le muguet. Achetez, achetez messieurs dames, dépensez que nous puissions acheter notre villa aux Bahamas. Maintenant qu’elle a dépensé son fric mademoiselle Sandra ça serait bête qu’elle gâche. « Le nouvel Ariel élimine les taches ». J’ai fait ce qu’on m’a dit de faire. J’ai pris le bidon de lessive liquide et j’ai commencé à le verser dans l’entonnoir. Je ne sais pas si elle a aimé ou pas. Je ne comprends pas encore les gargarismes. Mais qui ne dit mot consent alors j’ai vidé les deux litres qu’il restait. Je ne suis pas un monstre, j’ai bien vu qu’elle allait s’étouffer. J’ai retiré l’entonnoir pour qu’elle puisse respirer. Par contre elle s’est comportée comme une truie. Elle s’est vomie dessus. Heureusement que j’ai eu le temps de me reculer. Cette odeur là je ne supporte pas et vu comment j’étais reçu je n’allais sûrement pas traîné. « Activia élimine les problèmes de transit. ». C’est vrai qu’elle avait l’air de souffrir au niveau du ventre. J’ai foncé dans le frigo et j’ai ramené deux packs de 16 yaourts. Gros problème de transit donc je lui ai donné une grosse dose de yaourt. Un pack pour commencer et si la douleur persiste consultez votre médecin traitant. Maintenant Sandra n’a plus mal au ventre. Elle n’a plus mal nulle part. Il y a des stars du rock qui sont mortes étouffées dans leur gerbe, elle a fini sa vie comme un mannequin. Une cuiller dans la bouche et un peu de yaourt qui dégouline sur le coin de ses lèvres. En plus elle est très fashion avec son haut vomi fluo…
J’espère que mon chat aimera les crèmes au chocolat que je lui ai ramené. Même si c’est du 0%. |
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