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August 31 Flash infoEntendu à la radio :
"Nicolas Sarkozy à Jouy en Josas"
Ca doit lui faire du bien pendant cette campagne stressante. Mes hommages à Josas... Série NoireTous les soirs je la regardais par la fenêtre. Elle habitait l’immeuble juste en face au même étage que moi. Je ne savais rien d’elle. Elle devait avoir la trentaine, un mètre soixante dix environ, blonde aux cheveux longs, une silhouette qu’elle entretenait en dansant devant les clips à la mode. Ne me demandez pas qui chantait je serais bien incapable de vous les citer. Sans le son elle était ridicule à gesticuler comme ça au milieu du salon. Elle vivait seule ma charmante inconnue, le plus souvent calée sur son canapé avec ses deux téléphones à portée de main. Ce soir là, je profitais de la douceur de la soirée pour passer un moment accoudé à mon balcon. La nuit était tombée et la rue baignait dans le calme. De temps en temps un scooter transportant une pizza et son livreur venait troubler cette tranquillité. Dans mon appartement un fond de musique douce berçait mon chat qui s’étirait sur un coussin. Je jetais un coup d’œil vers le salon de la blonde d’en face. De temps en temps un rai de lumière inondait son visage pendant quelques secondes puis elle replongeait dans l’obscurité. Les pieds posés sur sa table basse elle buvait un café. Son regard fixe dans la brume s’échappant de sa cigarette était pointé sur la source de lumière. Je l’ai regardé quelques minutes comme ça, immobiles chacun de notre côté de la vitre. Et puis j’ai craqué.
J’ai pris mes clefs, je suis descendu, j’ai traversé la rue, j’ai poussé la porte de son immeuble, j’ai grimpé les marches deux à deux. Arrivé devant sa porte j’étais essoufflé. Qu’est ce que j’allais pouvoir lui dire ? Je me trouvais ridicule dans cette situation. Jamais je n’aurais osé abordé une fille dans la rue et voilà que je m’étais précipité chez une voisine que je ne connaissais pas. Maintenant que j’étais là il fallait aller jusqu’au bout. J’ai donc sonné. Au bout d’une trentaine de secondes elle a ouvert la porte. Elle avait l’air surprise de me voir. A sa place j’aurais sûrement eu la même réaction. - Déjà ? Je viens juste de raccrocher et ma pizza est déjà prête ? Est-ce que j’ai l’air d’un livreur de pizza ? Et que j’arrive les mains vides ça ne lui a pas mis la puce à l’oreille ? D’un violent coup de pied, j’ai poussé la porte. Visiblement elle ne s’attendait pas à ce que l’arête de sa porte blindée vienne s’incrustée sur celle de son nez. Sa tête bascula en arrière et la désormais « un peu moins jolie blonde » s’écroula pour se retrouver assise contre le mur de son entrée. Je me suis précipité à l’intérieur en refermant la porte derrière moi. Un vieux réflexe me poussa à lui envoyer un énorme coup de pied dans les gencives. D’abord ça a fait crac comme une aile de poulet qu’on brise en deux et ensuite ça a fait boum comme un caillou qui tombe par terre. Saignant sur le carrelage la plus très jolie blonde tenta de se relever, mais c’est à ce moment la que j’ai sorti ce long couteau et que je lui ai enfoncé en pleine poitrine. Ca avait l’air de la faire souffrir alors pour abréger ces souffrances je l’ai replanté huit fois un peu partout dans le ventre. « Julie c’est Sandra, ça va ? T’as vu l’émission, moi en tout cas je vais voter pour Dimitri, il est trop beauuuuuuuuuuuuuu, allez fais pareil comme ça on verra encore sa petite gueule la semaine prochaine ! Rappelle-moi ! » Trop tard Sandra, il fallait téléphoner cinq minutes avant.
J’en avais marre de toutes ces émissions. Marre de voir un jeune con répondre qu’un cruciverbiste était amateur de crucifix, marre de voir une gonzesse sécher lamentablement devant Léonard de _inci à la Roue de la Fortune, marre de voir toutes ces pubs débiles, marre de voir ces journaux télévisés formatés pour que finalement nous ne sachions rien, marre de voir tous ces gens aduler des chanteurs qui étaient inconnus avant de passer à la télé et qui seront inconnus trois mois après la fin de l’émission, marre de voir toutes ces séries où les « héros » se marient une à deux fois par saison, passent leur vie à se cocufier les uns les autres ( comme quoi dans le show-biz tout le monde couche avec tout le monde…) marre de ces émissions où l’on vient raconter sa vie juste pour avoir son quart d’heure de gloire, marre de cette télé-réalité aussi réelle que le Père Noël, marre de cette presse people qui nous apprend toute la vie des vedettes dont je me fous… Je n’en pouvais plus il fallait que je fasse quelque chose. Si une boutique n’a plus de client elle ferme, alors pour que cette énorme boutique d’abrutissement disparaisse, j’ai commencé mon sale boulot chez la voisine d’en face. Je sais c’est facile de s’attaquer à une femme seule. Mais la ménagère de moins de cinquante ans est la cible préférée des annonceurs.
J’ai trouvé un couteau électrique dans la cuisine de la blonde. Tout le monde était scotché devant sa télé dans l’immeuble. Personne ne m’a entendu lui découpé la boite crânienne en deux. Mes mains habillées de gants Mappa mettent dans un sac plastique la cervelle de mon ex voisine d’en face. C’est mon chat qui va être content, j’avais oublié de lui prendre des boîtes. La blonde vient de perdre un peu plus d’un kilo, elle aurait été contente j’en suis sûr. « Pour éliminer Dimitri tapez 1, pour éliminer Gladys tapez 2, cela vous coutera deux fois cinquante centimes par appel… ». J’ai éliminé Julie et ça ne m’a rien coûté. Je l’ai traîné dans son salon. Elle pourra dire qu’elle a laissé une trace de son passage. Rouge dans le couloir. Je l’ai installé assise sur son canapé, la télécommande dans la main. J’ai essuyé le sang qui coulait de sa bouche, elle souriait bêtement. Parfait. Je n’avais plus qu’à partir. En mettant la main sur la poignée je me suis arrêté. J’ai fait demi tour. Je suis retourné dans le salon, j’ai éteint la télé. Elle n’avait plus le cerveau disponible, ça ne servait plus à rien de regarder TF1. Elle n’avait plus de cerveau du tout d’ailleurs. Ce soir je crois que je vais aller chez Sandra. August 29 Gabon : un pasteur se noie en voulant imiter JésusLIBREVILLE (AFP) - Un jeune pasteur d'une Eglise dite "de Réveil" (pentecôtiste) s'est noyé lundi sur une plage de Libreville en voulant marcher sur l'eau, à l'instar de Jésus-Christ dans la Bible. Selon le quotidien gouvernemental L'Union, le pasteur d'origine camerounaise "aurait eu une révélation lui permettant de rallier la Pointe Denis", séparée de Libreville par l'Estuaire du Komo, une traversée d'une vingtaine de minutes en bateau. "En fait de dominer une mer généralement impitoyable avec ceux qui la défient, le serviteur de Dieu a tout simplement sombré en présence du photographe qu'il avait pris comme témoin du miracle et de quelques fidèles auxquels il avait promis la guérison", a expliqué le quotidien.
Les Eglises pentecôtistes, souvent d'inspiration américaine, se sont multipliées depuis le début des années 90 au Gabon, pays d'1,3 million d'habitants qui en compte actuellement plus d'un millier, rassemblant environ 120.000 fidèles réguliers. Les pasteurs promettent généralement à leurs fidèles que leur foi leur apportera succès professionnel et amoureux, santé, richesse. Certains prétendent pouvoir accomplir des miracles et notamment guérir toutes sortes de maladie, de la simple grippe jusqu'au Sida.
Heureux les simples d'esprit car le royaume de Dieu leur est ouvert... Deuxième info dans cette dépêche : Dieu a délocalisé le Paradis, il se trouve désormais sous l'océan Atlantique. Page 4033. AVRIL. SUR L’AUTRE RIVE
La brume matinale rassure les Chamac. Ils se sentent protégés par cette écran de fumée, le souvenir de la cuisante défaite contre les Broline est encore très présente. Le moral de la tribu est au plus bas. Par peur des autres aucun feu n’a été allumé depuis des mois, les terrains de chasse ont été raccourcis pour éviter de croiser des étrangers. Les soldats qui se sentaient si forts sont devenu de vraies poules mouillées. Mauro ne sort quasiment plus de sa hutte. Seul le Sorcier et quelques femmes ont accès au chef des Chamac.
Mauro hurle pour appeler le Sorcier. Quelques minutes plus tard, ce dernier, averti par un enfant que son chef le réclame, se trouve en face de Mauro. - Sorcier, je n’en peux plus d’être le chef d’un peuple de loques. Regarde ce que nous sommes devenus. Nous étions des chasseurs, nous traquions et nous battions toutes les tribus et maintenant nous nous cachons comme des misérables proies. La peur a envahi notre village. A cause d’elle des Chamac sont morts cet hiver. On n’ose même plus chercher de la nourriture, il suffirait qu’arrive ici un étranger avec une brindille pour que mes soldats capitulent devant lui et pour que tous les Chamac se prosternent à ses pieds. Tu dois me trouver une solution. Si tu ne m’es plus d’aucune utilité rappelle-toi que je t’étripe. - Mauro, glapit le Sorcier au sortir d’un soupir craintif, le peuple n’a plus confiance en toi. Tant que tes soldats ont de quoi manger tu ne risques rien mais si la situation devait s’empirer alors ton sort serait vite réglé. Le mien aussi par la même occasion. Les Chamac ont faim, ils ont peur, mais pas encore assez pour se révolter. Il faut faire illusion que tout va bien. - Et comment compte tu t’y prendre ? Mes soldats me sont fidèles certes mais ils seraient incapables de battre une bande de gamins. La nourriture s’épuise de jour en jour, je ne vois vraiment pas comment on peut trouver un seul point positif à notre situation actuelle. - Mauro je suis d’accord avec toi, le plus important est de nourrir les Chamac ensuite il sera plus facile pour que le peuple redevienne docile. Il suffira de s’inspirer de ce matin. - Explique toi Sorcier ! - La brume, Mauro, la brume. Cacher la vérité pour ne pas la voir. J’ai remarqué que les Chamac étaient moins nerveux ces derniers temps quand le ciel était couvert comme aujourd’hui. Ils n’ont plus peur, ils ont l’impression d’être protégés comme un bébé dans le ventre de sa mère. Rien ne peut leur arriver puisque rien n’existe autour d’eux. Il faudra donc empêcher les Chamac de penser pour qu’ils n’aient plus peur. Et s’ils n’ont plus peur ils auront à nouveau confiance en toi. - C’est une idée à creuser. De toutes façons toi et moi avons tout intérêt à ce qu’elle fonctionne. Le printemps est arrivé, nous devrions pouvoir manger à notre faim très bientôt. - Il faut redonner confiance à notre peuple Mauro. Mais il faudra que tes soldats nous aident. - Mes soldats ? Tu n’y penses pas Sorcier ! Cette bande d’incapables se ferait démolir par n’importe qui… - N’importe qui Mauro ? Pas si sûr. Voilà ce que tu vas faire. Tu vas envoyer une petite délégation de dix hommes dans le dernier village que nous avons vaincus. Nous les avons tellement massacré qu’ils seront épouvantés à l’idée que nous revenions. Il suffira de faire cinq prisonniers et de les ramener ici. - Ce n’est pas en ramenant cinq prisonniers que la fierté des Chamac va s’en trouver regonflée… - Ce n’est pas tout Mauro. Nous dirons au Chamac que les prisonniers viennent d’une tribu inconnue et puissante. Une fois ces prisonniers ici, je leur ferai boire quelques potions qui les rendront malades et nous les ferons combattre contre tes meilleurs soldats au centre du village. Les étrangers se feront tuer par nos soldats devant tout notre peuple. Toute la tribu reprendra confiance en elle et oubliera un peu la déroute contre les Broline. Le sang versé de ces cinq pauvres malheureux réchauffera celui des Chamac. - Tu es un fourbe, Sorcier ! C’est bien pour ça que je te garde à mon service, s’esclaffe Mauro dans un grand éclat de rire.August 28 Mais oui mais oui l'école c'est repartiFallait bien que ça arrive un jour n'est-ce pas ? J'ai repris le boulot ce matin. Encore que cette phrase soit très présomptueuse. J'ai juste rejoint mon squat. Si Sarkozy passe dans le coin je suis explulsable par le premier charter en direction du Mali. Un an à travailler là dedans ça va être gai je vous jure. Inconsciemment ou pas en tout cas je me suis habillé en noir ce matin. Le deuil de mes deux mois et demi de vacances sans doute.
En ouvrant ma messagerie il y avait 108 mails dont ... 4 professionnels. D'ailleurs sur ces 4 mais il y en avait deux qui m'étaient destinés juste à titre d'information. Bon ça va je ne serai pas surchargé aujourd'hui. Pour améliorer mes conditions de travail on m'a gentiment filé un fauteuil de bureau. C'est gentil car pour le moment j'avais juste une chaise de cours. Mais si rappellez vous. Y'en a bien un ou deux qui ont été à l'école quand même non ? Les chaises en bois toutes pourrites ça vous dit rien ? Donc là c'est la grande classe, j'ai dégoté un fauteuil style fin Pompidou-début Giscard d'une couleur grisâtre à faire palir Michaël Jackson ( si tant est qu'il puisse encore pâlir...) avec une roulette cassée. Le fauteuil pas Michaël. Sinon j'aurais dit une roupette.
Suivez un peu !
August 24 Crac Boum UHUJe n’arrête pas de dire qu’on nous prend pour des cons avec la pub. Malgré mon temps moyen journalier passé devant la télévision j’ai repéré avec l’aide de Miss Nine deux pubs qui sont incohérentes. Mais visiblement ça ne choque personne. Sauf les détraqués dans mon genre.
Premier exemple :
Les éditions Atlas sont prêtes à nous vendre tout et n’importe quoi. Toutes les semaines il y a un nouveau truc : la collection des chars d’assaut, les voitures des 24 heures du Mans, l’échiquier Astérix etc. etc.… Cette fois ci il s’agit d’une maquette à monter soi même. Mais bon avec une pièce tous les mois c’est pas gagné. Aujourd’hui les Editions Atlas vous proposent de reconstituer une salle de classe à l’ancienne. Avec bancs en bois, l’estrade, le tableau vert et tout le bordel. Dans cette pub on voit trois générations de femmes : la grand-mère, la mère et la fille. Mamie raconte comment c’était à son époque donc forcément flash-back avec images en noir et blanc, la maîtresse parfaite et respectée de ses élèves. Ah oui décidément l’école c’était mieux avant. Bon ok c’était sans doute mieux avant, même si on pouvait s’en prendre une par l’instit, il y’avait peut être plus de respect pour l’institution à l’époque. La valeur réclamée à corps et à cris par nos chères racailles de banlieue qui ne respectent rien ni personne. Mais c’est un autre débat. Je suis un vieux con je sais. Bref revenons à nos moutons. A la fin du spot on voit Mamie et la gamine assise au premier rang de la classe. La Maîtresse appelle Mademoiselle Blanchard. Les deux greluches lèvent la main. Du coup Mamie, Maman et Gamine rigolent. Ah oui c’est beau une famille heureuse et unie. Et on nous balance le slogan avec le prix exceptionnel du numéro 1. Prix qui est exceptionnellement identique à tous les numéros 1 des collections Atlas…
La probabilité pour qu’une grand-mère porte le même nom de jeune fille que sa petite fille est quand même très faible. Surtout qu’apparemment la mère est la fille de la grand-mère. Cela veut dire qu’il y a eu un changement de nom à chaque génération et normalement aucune des trois nanas ne porte le même nom de jeune fille. Donc ça ne marche pas le coup de Mamie et gamine qui réponde en même temps à la maîtresse. Bon ok ce n’est pas bien grave mais attendez la deuxième pub vous allez voir…
Deuxième exemple :
Deux trois poufs sont dans un gros 4X4 coincées dans les embouteillages. Mais attention c’est pas l’embouteillage de tafioles. Les caisses sont collées pare-chocs contre pare-chocs sur trois files. Les poufs n’en peuvent plus d’attendre comme ça, sûrement un rendez-vous très important chez le coiffeur. La conductrice sort la tête par la fenêtre et siffle le grutier qui se trouve en gros trente mètres au-dessus d’elle. Le gars manœuvre sa grue pendant que la pouf met quatre points de colles dur le toit de son 4X4. Les poufs collent la grue sur le toit et le grutier enlève la voiture du trafic. Les poufs sont hilares car elles ont été bien plus malines que tout le monde et elles vont pouvoir aller chez Jean Louis David. Slogan, fin du spot.
Bon alors déjà je doute que le grutier de cette distance entende les poufs le siffler. Mais admettons, admettons… Si la colle UHU marche si bien que ça, une fois que la voiture est reposée par terre, elle tracte la grue pour avancer ? Non parce que si ça colle assez pour soulever un 4X4 on va pas me faire croire qu'il suffit de tirer un coup sec pour libérer la voiture ensuite… Là on nous prend vraiment pour des cons…
A mon avis avec la pub j’ai de quoi faire pour quelques billets à venir. J’adore la télé finalement ! August 22 Page 3932. AVRIL. ANNEE COMMUNAUTAIRE 2
Cinq mois ont passé depuis l’atterrissage forcé de l’A399 sur la plaine. L’appareil trône toujours au milieu de cette vaste prairie. Les ailes et la queue ont été retirées pour pouvoir en utiliser le métal. Le plus gros avion de tous les temps ressemble à présent à un énorme suppositoire posé sur des roues délestées de leurs pneumatiques. La micro société communautaire s’est organisée plutôt avec succès. Bien sûr les conditions précaires créent quelques tensions inévitables mais aucun incident majeur à signaler. Par chance l’hiver n’a pas été trop rude et même si les végétariens ont dû se résoudre à devenir carnivore pour pouvoir subsister la nourriture n’a posé aucun problème. Cafu s’est complètement intégré à la Communauté. Son habileté manuelle et sa connaissance de la nature sont d’un grand secours pour la chasse. Il suit les cours de français avec tous ceux qui ne parlent pas cette langue au sein de la Communauté. Il se débrouille très bien et commence à maîtriser les bases du langage. Avide de connaissance il n’est pas rare de le voir en compagnie du Professeur Diomède qui lui inculque les notions basiques dans divers domaines scientifiques. Cafu ne comprend pas toujours tout mais il est émerveillé comme un gamin devant les explications du vieux savant. L’événement principal de cet hiver fut l’arrivée de la mort au sein de la Communauté. Un homme est mort en chassant. En poursuivant un lapin dans une pente, il a fait une mauvaise chute et est tombé la tête la première sur une grosse pierre. Un débat s’est engagé pour savoir quoi faire du corps. Deux opinions s’affrontèrent : d’un côté ceux qui voulaient l’enterrer, de l’autre ceux qui voulaient le brûler. Finalement après deux jours de discussions une décision fut prise. Les « brûleurs » l’emportèrent sur les « enfouisseurs ». Il a donc été décidé que dès à présent tous les morts seraient brûlés, sans cérémonie religieuse malgré ceux qui en réclamaient une. Les Communautaires par cette décision ont renoncé au culte des morts et à une hypothétique vie au-delà de la mort.
Des expéditions commencèrent à s’organiser autour du camp de base. Tout ce qui se trouvait de ce côté du fleuve à moins de six heures de marche était connu. Cafu ayant signalé la présence des Chamac et parlé de Mauro, Deschamps décida qu’il était plus sage de rester sur cette rive. Néanmoins l’idée d’un voyage ultérieur dans la tribu de Cafu n’a pas été écartée. Au cours de toutes ses expéditions aucun village, pas un seul humain ne fut rencontré. Des traces de passages ou d’installation antérieure furent relevées mais rien de concret. Pour le moment la Communauté est toujours isolée mais pour tous les Communautaires il est devenu urgent d’organiser une protection. Le premier gros chantier fut donc d’ériger une palissade en bois tout autour de l’appareil. Un cercle de cent mètres de diamètres environ constitue désormais un rempart contre une éventuelle mauvaise rencontre. Pour abattre les arbres nécessaires à la construction de cette palissade, Brito et son équipe de mécaniciens ont construit une forge pour pouvoir fondre les métaux et ainsi fabriquer des outils et des armes.
- Et bien ça prend forme Diomède, dit Luc Deschamps. Nous avons passé le premier hiver sans encombres. Grâce à notre révolution industrielle nous allons pouvoir nous développer et gagner en confort. - Certes, commandant, certes. Mais il ne faudrait pas refaire les erreurs du passé. Essayons d’être plus propres que nos ancêtres. Nous avons eu une seconde chance il ne s’agirait pas de la gâcher. Sur les deux cents dernières années de notre civilisation, nous avions consommé presque tout ce que la Terre avait mis des millions d’années à créer. Nous savons qu’il existe des énergies renouvelables et c’est dans cette voie là qu’il va falloir se diriger. Pour le moment nos besoins ne sont pas énormes, quelques panneaux solaires peuvent suffirent largement pour nous fournir l’électricité dont nous avons besoins mais demain ? Pour le moment l’argent n’a aucune influence sur les décisions que nous allons prendre alors c’est aujourd’hui qu’il faut prendre des initiatives sensées. - Vous avez raison Diomède. Vous avez parfaitement raison. Mais en attendant il va falloir qu’on trouve du fer, du cuivre, construire des maisons, des infrastructures, car nous n’allons pas rester toute notre vie dans l’avion. Notre communauté est un fœtus qui ne demande qu’à sortir du ventre de sa mère pour pouvoir grandir et faire sa vie. Nous allons étudier tout cela dans les prochaines réunions du Conseil… - Commandant ! Commandant ! Il nous manque du monde ! Une centaine de personnes a disparu dans la nuit, dit Cécile Muller.August 21 Al YoplaïdaJe prends des risques je sais mais je m’en fous j’assume. La CIA va sûrement tenter d’étouffer l’affaire mais je suis un Jedi et il faut que je révèle la vérité. Vous, membres du Harem et le reste du monde, écoutez bien ce que j’ai à vous dire. Vous avez tous entendu parler des attentats déjoués à Londres. Scotland Yard a fait du bon boulot mais ce n’était que la partie émergée de l’iceberg. Malheureusement aucun service secret n’a pu empêché ce qui s’est passé ce soir. Pourtant j’avais eu une intuition. Un drame couvait. Il était environ 21 heures 12 minutes et 45 secondes quand je me dirigeai vers le réfrigérateur. J’allais prendre un yaourt. Je les ai vu. Ils étaient là. Ils étaient deux, verticaux, identiques. De vrais jumeaux. Les Twins Pots of Yahourt. Il fallait bien que je les sépare. Tout était calme et paisible dans la cuisine. Un coup sec suivit d’un « clac » libèrent les deux yaourts de leur compagnons de pack. Et là c‘est le drame. Ma maladresse légendaire entre en action. Alors que personne ne s’y attendait les deux yaourts s’échappent et après une demi-vrille s’écrasent lamentablement sur le sol. A peine le Twin de gauche touche le sol qu’il laisse échapper sur le lino son contenu. Le Twin de droite s’en sort miraculeusement indemne. La foule présente sur les lieux ( c’est à dire moi même exclusivement) laisse échapper des cris d’horreur : « Putain quel con ! Enculé de yaourt de merde». Après moultes vérifications auprès des services de police il apparaît que le con c’est le Jedi. Toutefois étant donné qu’il n’y a pas 125 g de yaourt dans le Jedi (même après un mois d’abstinence…) on en conclut donc que le Jedi n’a pas subi les derniers outrages auprès de Mamie Colo… euh Nova pardon. Mais il y a encore plus troublant. La date de péremption des yaourts était… le 11 septembre. On nous cache tout on nous dit rien… August 17 Oraison funèbreToi qui as toujours voulu rouler à deux dixTe voilà morte à Senlis Toi qui n’obéissais qu’à moi Tu t’es arrêtée au kilomètre 53
On t’avait mutilée plusieurs fois par haine Un coup l’autoradio un coup l’antenne Même moi qui aimais ton gros derrière Je t’ai fracassé la portière
A l’origine ta couleur était bleu minuit C’est pour ça qu’en te voyant au pied de leur nid Les oiseaux oubliaient leur vertu Et sans vergogne te chiaient dessus
Avec toi j’ai visité du pays Mais sans toi je suis rentré en taxi Avec toi j’ai parcouru la France Maintenant j’économise ton assurance
Sache que jamais je ne t’en voudrai D’avoir pris avec toi plusieurs PV J’aurais dû avoir le pied moins lourd Et ne jamais être à la bourre
Plus jamais on ne reverra en ville L’épave qu’était la Chrismobile C’est pas une perte pour l’Humanité ! T’inquiète pas, tas de boue, je vais te remplacer.
Corrigé par Colo et son BLED... |
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