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    June 28

    Pas glop

    - Bah alors ? On ne les entend plus ceux qui crachaient sur l'équipe de France ?

     

    - Si si ils klaxonnaient dans les rues hier soir...

     

     

     

     

    June 27

    Page 34

                  27. MISSION

     

                Ils sont dix, ils marchent depuis une demi-journée quasiment sans s’arrêter. La seule petite pause qu’ils se sont octroyés aura été pour manger cette pauvre bête qui a croisé leur chemin. Sa carcasse éventrée traîne au bord du chemin, ses yeux encore ouvert témoignent de la douleur qui l’a envahie quand elle a senti les lances s’enfoncer une à une dans son flanc. Les guerriers Chamac ne font jamais dans la dentelle, et ils deviennent encore plus sauvages le ventre vide. Les dix hommes se dirigent en regardant la colonne de fumée qui monte dans le ciel au loin. Cette colonne se fait de plus en plus grande au fur et à mesure qu’ils traversent plaines et forêts. En tête du cortège ont été placés celui qui à la meilleure ouïe et celui qui a le meilleur odorat. Le soleil commence à descendre et une odeur de viande grillée arrive dans les narines de celui qui fait office de radar olfactif.

                Les dix hommes s’arrêtent net au premier signal. Ils repartent au ralenti en faisant attention à leur moindre geste. Chacun a les yeux rivés dans une direction pour apercevoir au plus tôt le danger. Le craquement d’une branche au loin les précipite tous derrière un buisson. Chacun retient sa respiration au maximum. Trois jeunes femmes apparaissent. Elles tiennent chacune dans leur bras une demi-sphèree creusée en bois. Les Chamac n’ont jamais rien vu de tel. Elles sont là pour cueillir des fruits et ramasser des champignons. Les guerriers fixent ces créatures qui semblent venir d’un autre monde. Leur peau est beaucoup plus claire que celle des Chamac, leurs cheveux ont la couleur du soleil, leurs vêtements semblent plus chauds et plus élaborés. Les guerriers Chamac en restent bouche bée. Le chef de la petite troupe connaît les consignes : capturer un ou deux otages, en tirer un maximum de renseignements et les massacrer pour qu’ils ne puissent pas avertir leur tribu. Mais comment tuer de si jolies femmes ? Il serait sans doute plus judicieux de les offrir à Mauro pour obtenir quelconque privilège ensuite pense le chef. Sans oublier bien sur de profiter de leur charmes de gré ou de force avant de les donner à Mauro.

                Quand les trois cueilleuses passent à moins de dix mètres du buisson où sont cachés les Chamac, le chef donne le signal de l’assaut. En quelques secondes les jeunes femmes sont maîtrisées, réduite au silence et emmenées un peu plus loin. Contraintes de s’asseoir au pied d’un arbre et cernées par les lances des Chamac, elles supplient du regard les guerriers de leur laisser la vie sauve. Celle qui semble l’aînée des trois se lève en ôtant ses vêtements et en regardant les guerriers d’un air langoureux. Elle connaît les hommes et sait ce qu’ils peuvent attendre d’une femme. Le chef de la troupe s’approche d’elle et lui assène une gifle qui la fait reculer d’un pas. D’abord la mission et ensuite le plaisir.

               

    L’interrogatoire fut difficile à mener. La langue parlée par les jeunes filles est assez différente de celle des Chamac. Le chef a pu apprendre que cette tribu s’appelle les Broline. Cette tribu vient du Nord et il y a quelques générations elle vivait dans un pays lointain où il faisait très froid. Les Broline sont arrivés il y a quelques jours et se sont installés ici en raison du gibier abondant et de cette forêt accueillante. Malheureusement pour les guerriers Chamac les jeunes femmes n’ont donné aucun renseignement sur le nombre d’hommes que pouvait comporter la tribu.

    Quand vient le moment de manger les Chamac offrent de la viande fraîchement tirée d’une biche malchanceuse. Les Broline n’étant plus habituées à manger de la viande crue, elles font une moue de dégoût. Mais pas rancunières elles vont cueillir des champignons qu’elles donnent aux guerriers Chamac. Les dix soldats obnubilés par la beauté de leurs prisonnières mangent des yeux les Broline et leurs champignons sans les regarder.

    Une fois le repas terminé, les Chamac se font très pressants vis à vis de leurs captives et chacun leur tour, mais le chef en premier, cèdent à leurs pulsions sur les pauvres Broline. Elles ne crient pas, l’une d’elle a même un sourire sarcastique. La nuit est maintenant complètement tombée et les tours de gardes s’organisent. La moitié de la troupe s’endort tandis que l’autre moitié s’assied autour des prisonnières en attendant l’arrivée de l’armée dirigée par Mauro. Demain matin il faudra tenter de s’approcher du village pour en savoir plus sur les Broline.           

     

    (...)

    June 26

    Dur, dur....

    Un homme qui a souffert d'une érection de 10 ans à cause d'un implant indemnisé par un tribunal

    PROVIDENCE, Rhode Island (AP) - Un tribunal a accordé 400.000 dollars d'indemnités à un plaignant de 68 ans dont le sexe est resté en érection pendant dix ans suite à un dysfonctionnement de son implant pénien.

    Charles "Chick" Lennon s'était fait opérer en 1996, deux ans environ avant l'arrivée du Viagra sur le marché. Le Dura-II, implant d'acier et de plastique, devait permettre aux hommes souffrant d'impuissance de commander leurs érections, et d'y mettre fin.

    Mais Charles Lennon n'aurait jamais réussi à détendre son sexe. Il a déclaré qu'il ne pouvait plus étreindre personne, enfourcher un vélo, nager ou porter de maillot de bain, à cause de la souffrance et de la gêne. Il s'est reclus et ne supportait pas d'être en compagnie de ses petits-enfants, a déclaré son avocat.

    En 2004, un jury lui avait accordé 750.000 dollars d'indemnités. Mais un juge avait trouvé la somme excessive, et l'avait ramenée à 400.000 dollars. Vendredi, la Cour suprême de Rhode Island a confirmé ce montant.

    "Je ne connais aucun homme qui voudrait échanger sa vie avec celle de mon client, quelle que soit la somme d'argent", a commenté Jules D'Alessandro, l'avocat de Lennon. "Il n'est pas une personne à part entière."

    L'avocat qui représentait à la fois le fabriquant de l'implant, Dacomed Corp., et la compagnie d'assurance, n'a pas souhaité s'exprimer. Dacomed a maintenu qu'il n'y avait rien d'anormal dans l'implant. La compagnie a été mise en faillite après le classement de l'affaire.

    Lennon n'avait pas pu se faire enlever l'implant défectueux à cause de problèmes de santé, notamment une opération à coeur-ouvert. Si cela avait été possible, il n'aurait pu se contenter de médicaments contre l'impuissance, les tissus de son pénis ayant été retirés pour permettre l'implant. AP

     

     

    C'est Madame qui devait être contente...

    June 22

    Deux pour le prix d'un

               Frédéric Beigbeder est issu de la pub et il en dresse un portrait plus que cynique dans 99 Francs. Il raconte l’histoire d’Octave, un brillant pubard qui n’en peut plus de sa situation. Il veut absolument se faire virer. Son rêve c’est de passer le reste de sa vie à sniffer de la coke et baiser des putes de luxe. Il n’assume plus son rôle qui consiste à faire acheter n’importe quoi à n’importe qui. Il n’assume pas non plus le fait d’avoir quitter celle qui porte son enfant. Octave va vivre doucement une descente aux enfers pour se retrouver au fond du trou. Conscient des règles du jeu et de ce que cela impose, il va peu à peu perdre pied dans ce monde.

    Bien sûr c’est un roman et j’imagine que Beigbeder en rajoute sur la forme mais sur le fond je ne suis pas loin de penser que le monde de la pub et notre société de consommation marchent selon ses descriptions. Le style de Beigbeder est incisif, bourré de phrases qui résonnent comme des slogans publicitaires. Néanmoins, je trouve que la fin part en vrille malheureusement ce qui laisse un arrière goût d’insatisfaction. Malgré tout 99 Francs vous ouvrira les yeux, si ce n’est pas déjà fait, sur certaines choses qui nous entourent.

     

     Note : 14/20

     

    99 Francs, écrit par Frédéric Beigbeder, édition Folio

     

     

                Ne connaissant pas l’œuvre d’Amélie Nothomb je me suis décidé à partir du titre qui était le plus évocateur pour moi. Biographie de la faim me semblait être un choix judicieux. L’auteur raconte son enfance durant laquelle elle fut trimbalée entre Japon, Chine, New York et Bangladesh à cause de son diplomate de père. Au cours de toute cette période Nothomb a faim. Elle n’a pas faim physiquement, elle a faim de sensations, d’expériences, de connaissances. Avec sa vision d’enfant la petite Amélie est en quête de plaisir sublimes tels que s’enivrer au whisky pendant les soirées de l’ambassadeur, piquer discrètement du chocolat (comme quoi Ferrero a bien raison…), boire trois litres d’eau en quinze minutes(c’est ce qu’on appelle la potomanie – on en apprend des mots dans ce bouquin…), passer autant de temps sur la cuvette des toilettes afin d’évacuer tout ça. Biographie de la faim est bourré d’anecdotes ayant pour thème l’envie. Une envie de mieux, de plus, de plus beau, de plus d’amour, de plus de rêve.

                Il faut tout de même s’accrocher quand on lit du Nothomb. Car si l’héroïne est une enfant certaines phrases sont plus proches d’hypokhâgne que du jardin d’enfant. « L’onomastique nipponne est coutumière de l’hapax ». Avec ça vous brillez certainement dans les dîners en ville mais pour la replacer levez vous de bonne heure. Et pour la comprendre…

               

     

    Note : 13/20

     

    Biographie de la faim , écrit par Amélie Nothomb , édition Livre de Poche

    June 21

    Pensée du jour

    Les femmes qui veulent être l'égal des hommes manquent cruellement d'ambition.
    (C'est pas de moi mais j'aime bien)
    June 20

    Page 33

                Cafu rebaisse la tête vers le sol. Il entend un bruit et fixe l’autre côté du fleuve. Il a l’impression que quelque chose bouge dans la forêt. Un animal sans doute. Ca doit être du gros gibier. Un sanglier qui vient se désaltérer probablement. Un Chamac ! Cafu se jette par terre et au travers des herbes hautes il observe la scène. Finalement ce sont six hommes qui sont sortis des bois pour s’installer sur le rivage. Assis en rond dos à dos, ils regardent vaguement autour d’eux et se mettent à parler.

    - Au moins on ne risque pas grand chose ici. On ne va pas se battre et risquer sa vie. Au pire s’il y a un quelconque danger venant de l’autre côté du fleuve, on a juste à détaler et prévenir les autres.

    - Encore faut-il que le danger vienne de l’autre côté, si ça vient de la forêt nous sommes perdus. Et vu comment nous traitons nos prisonniers, je n’aimerais pas qu’on nous fasse la même chose. C’est quand même un fou sanguinaire Mauro…

     - Comment oses-tu parler de notre chef ainsi ?

     - Oh toi évidemment tu vas le défendre. Tu cherches par tous les moyens à bien te faire voir de notre chef. Ca ne m’étonne pas d’ailleurs que tu te sois retrouvé parmi nous pour cette mission. On ne te voit jamais aller au combat. Finalement ça doit être vrai cette histoire entre ta mère et Mauro. Mauro envoie les fils de Chamac à la guerre mais le sien il l’envoie au bord du fleuve, là où il n’y a pas de danger et il te couvrira de gloire comme ceux qui reviendront du combat dans un piteux état.

    - Mauro est bon, Mauro est grand, Mauro est notre chef. Si aujourd’hui notre peuple est dans cette situation c’est à cause de Cafu. Il a osé défié les Dieux. Mauro l’avait pardonné mais il n’a rien trouvé de mieux que de repartir. 

    - Ah ça il a bien fait de partir celui-là. Si je le tenais sous ma lance, crois-moi qu’il passerait un mauvais moment. Remarquez il ne vaudrait mieux pas qu’il tombe entre les mains de Mauro sinon il risquerait de subir un châtiment encore plus terrible que celui de sa pauvre mère. Par sa faute maintenant notre peuple est maudit j’en suis sûr.     

     

                Ma mère ?! Qu’est-il arrivé à ma mère ? Mauro lui a fait du mal. Elle est peut-être même morte. Pardonne-moi Maman ! Je ne peux pas retourner parmi les miens. Je me ferais tuer dans la minute. Et pourtant je n’ai rien fait de mal. Je n’ai pas défié les Dieux, je leur prouverai. Il faut que je revienne chez les Chamac avec le peuple que j’ai rencontré. Je dois retourner là-haut avec eux. En franchissant ce fleuve j’ai quitté le passé, mon avenir se trouve de ce côté ci de l’eau. Mais je reviendrai et je vengerai ma mère. Cafu rampe pour atteindre discrètement la lisière de la forêt. La colère l’envahit, il a envie de crier mais il se retient pour ne pas se faire repérer par les gardes de Mauro. Et puis après tout il est de l’autre côté du fleuve, il n’a rien à craindre. Un rugissement grave déchire le calme olympien qui règne dans la forêt. Cafu est à genoux, les bras vers le ciel et expulse tout l’air comprimé dans ses poumons. Il reprend son souffle et se met à pleurer. Il repense à sa mère, à sa famille, a tous ceux qu’il a laissés derrière lui et qui ont souffert par sa faute. Il n’a plus qu’une idée en tête : apprendre un maximum de choses de ce nouveau peuple qui à l’air de dépasser tout ce qui est connu par les Chamac, revenir avec eux dans le village et tuer Mauro pour prendre sa place. Devenir chef à la place de ce chef.

     

                - Vous avez entendu ce cri Commandant ? , dit une vieille femme un peu affolée, ce sont les sauvages qui nous attaquent ?

    -   Ne craignez rien Madame, remontez dans l’avion, nous allons voir ça. Brito, vous avez vu Cafu ce matin ?

    - Non Commandant.

    - Prenez trois hommes et venez avec moi.

                Armés d’une barre de fer chacun, les cinq hommes se dirigent vers l’est. C’est de là que provient le cri que tous ceux qui étaient descendus de l’appareil ce matin ont entendu. Luc Deschamps est très vite rassuré car il voit réapparaître Cafu qui sort de la forêt. Cafu marche en traînant les pieds et sa lance qu’il tient à bout de bras. Le Chamac passe à côté du petit groupe sans leur jeter un regard et continue de marcher lentement vers l’avion. Il va s’asseoir contre le train d’atterrissage, jette sa lance, pose ses bras sur ses genoux et y enfouit sa tête.

                Je reviendrai dans mon village. Je vengerai ma famille. Je dirigerai mon peuple.    

    June 19

    Vacances

             Bon d'accord en ce moment je vous délaisse un peu cher Harem, cher public. Mais, et je sens que vous aller raler, j'ai trois semaines de "vacances". Je mets des guillemets car je suis sensé bosser de chez moi pendant cette période et que je devrais quand même assister à des réunions ou faire des briefings avec ma chef. Donc en fait je vais etre sur le net toute la journée et chatter sur MSN si il y a du monde. En gros la même chose qu'au bureau mais chez moi. Mais , et c'est là que c'est drôle, ces trois semaines de "vacances" sont offertes en plus de mon contingent annuel. Oh ça va arretez de râler un peu. Au moins vous savez où passent vos impôts.
     
             Hey Jedi pourquoi tu vas glander chez toi pendant trois semaines ? Bonne question et je vous remercie de me l'avoir poser. Je travaille... pardon... mon bureau est dasn un milieu hostile tout plein d'amiante. Donc comme l'Etat et son Administration sont dirigés par des gens super compétants ils ont décidé y'a un peu plsu de dix ans de désamianter la fac. Ca allait durer 3-4 ans tout au plus. Bon d'accord ca fait dix ans que c'est en travaux, qu'il y en a encore pour dix ans j'ai l'imrpession et que le budget initial a été quadruplé mais bon les travaux on sait quand ça commence jamais quand ça finit non ? Et puis pour se rattraper ils nous ont construit une fac toute neuve. Mes trois semaines de "vacances" sont dues au déménagement justement. Trois semaines pour déménager ? Et oui ! On nous fout dehors le 16 juin au soir mais on ne peut pas intégrer les nouveaux locaux avant le 10 juillet. Au mieux. Allez les gars encore un effort et je peux enchaîner avec mes congés annuels du mois d'aout si le bâtiment n'est toujours pas prêt. On y croit on se bat !
     
             Voilà comment les fonctionnaires vont encore passer pour des truffes! Alors que franchement qui est en cause sur un coup pareil? Surement pas le fonctionnaire de base. 
     
             Bon trois semaines de congés en pleine coupe du Monde je ne vais pas trop raler mais quand même...     
    June 15

    Gnan gnan

             Je n’ai jamais lu un livre écrit par une femme. Du moins je n’en avais pas le souvenir avant de me rendre compte que celui juste avant était de Balasko. Ah oui et puis la Princesse de Clèves aussi. Ca devait être en seconde ou en troisième. En conclusion de ma fiche de lecture, pompée à 99% sur « Profil d’une œuvre »,  j’ai mis un truc du genre «  je comprends que  Madame de Lafayette n’ait pas signé son roman à sa sortie… ».  Ma prof, Madame Bourgeois, elle portait bien son nom celle là, n’avait sans doute pas trop apprécié mon jugement de jeune con et avait du me mettre un truc du genre 6 sur 20.  La même note que le jour où j’ai osé dire en substance que Les Mouches de Sartre c’était nul. Ce n’est pas de ma faute si j’ai adoré Huis Clos à la place !  J’étais déjà chiant à l’époque et je n’aimais pas le Français. Encore moins les profs de Français. Surtout quand elle s’appelait Bourgeois.

             Anna Gavalda est une jeune écrivaine qui est apparu sur le devant de la scène grâce à douze nouvelles. Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part rassemble, entre autre, une jeune vétérinaire à la campagne, une jeune femme qui veut tomber enceinte, un jeune bidasse qui rentre de permission, un jeune homme qui tombe amoureux de sa collègue…Elle se met même en scène pour la dernière de ses nouvelles.

               J’ai deux sentiments qui prédominent lorsque je referme ce livre. D’abord et surtout un sentiment d’inachevé. Les histoires démarrent souvent intensément et tombent à plat. On s’attend à quelque chose de consistant et ça se termine quasiment avant d’avoir commencé. Même si c’est pas trop mal écrit. Pour une fille. C’est ça le deuxième truc qui me chiffonne. J’ai eu l’impression de lire une gamine qui croit encore au prince charmant. Et vous me connaissez, ça je ne peux pas. Elle écrit comme elle rêve de celui qui viendra la prendre sur son cheval blanc pour lui faire croire que c’est elle la reine du monde. A la limite quand le personnage principal est une femme ça peut passer, mais quand elle fait fonctionner les hommes comme des femmes, ça ne passe plus.

             Je crois que j’aurais mieux fait d’attendre encore avant de le lire. Mais bon je voulais me faire une idée. Faudra quand même que je me refasse d’autres livres de femmes.

     

     

     

    Note : 11/20

     

    J’aimerais que quelqu’un m’attende quelque part, écrit pas Anna Guevalda, édition J’ai Lu

    June 14

    Double jeu

                Judith à la cinquantaine. Judith a encore du charme. Judith a été mariée. Judith présente le Téléachat. Judith n’a pas le temps de s’encombrer avec un homme. Alors quand Judith veut se faire plaisir elle appelle Patrick. Patrick a environ vingt-cinq ans, charmant sans être un beau gosse. Patrick a monté une page web. Pour mille ou mille cinq cent euros Patrick passe un moment agréable avec des quadras ou quinquas en manque d’affection. Non, coucher n’est pas obligatoire. Patrick est un gigolo. En plus de l’argent il reçoit souvent des cadeaux.

                Fanny a vingt-quatre ans. Fanny a la beauté de la jeunesse. Fanny est mariée. Fanny n’a pas beaucoup de temps en dehors de son travail. Fanny est coiffeuse, elle a monté un salon de coiffure avec Rosalie. C’est Rosalie qui lui a présenté l’homme de sa vie : Marco. Marco a environ vingt-cinq ans. Il fait des chantiers avec un ami. Fanny et Marco vivent dans un tout petit appartement avec la mère et la sœur de Fanny. Marco est très amoureux de Fanny et lui ramène souvent des petits cadeaux.

                Fanny et Judith sont diamétralement opposées. Mais Marco est Patrick et vice-versa. Il doit jongler entre ses deux boulots et il y arrive plutôt bien. Jusqu’au jour où le grain de sable vient détruire la machine. Un trio à quatre se met en place entre l’épouse, le mari, le gigolo et la cliente.

                Josiane Balasko nous emmène dans un univers très lointain de son image de petite grosse rigolote même si par petites touches, de temps en temps, on ne voit plus Judith mais Josiane. On suit l’évolution de l’histoire au travers de trois paires d’yeux qui se racontent à la première personne. Entré dans ce livre le matin je n’y suis sorti qu’à la dernière page le soir même. Seul petit bémol, mais c’est juste pour dire un peu de mal, quelques tournures de phrases sont assez pénibles.

                 

     

    Note : 16/20

     

    Cliente, écrit par Josiane Balasko, édition Livre de Poche

    June 13

    Page 32

             26. TROISIEME JOUR

     

             Cafu ouvre les yeux. Il serre sa lance dans sa main droite en se redressant et jette des regards tout autour de lui. Pas de danger. Tout à l’air paisible. Les six tas de braises fument encore. Il a préféré dormir en dehors de l’avion, sans doute la peur d’être mangé par cet immense oiseau en métal. Il marche un peu pour se dégourdir les jambes et accessoirement pour repérer un éventuel petit déjeuner. Un petit lapin au réveil n’a jamais fait de mal à un Chamac. Au fur et à mesure que ses esprits se remettent en route beaucoup de questions tournent à l’intérieur de son crâne.

     

             D’où vient cette tribu ? Leur organisation est très différente de la nôtre et des autres tribus que nous avons combattues. Même si il semble y avoir un chef, la distinction n’est pas flagrante. Et puis d’ailleurs personne n’a peur du chef. Ils dorment tous ensemble et non pas séparés en famille. Je n’ai pas repéré de soldats, je n’ai pas vu d’armes. Pas de Sorcier non plus. Ou alors il est habillé comme les autres. Ce peuple ne repose pas sur une force physique et une force spirituelle mais comment a-t-il fait pour subsister ? Peut-être sont ils les survivants d’un peuple battu. Ca serait logique après tout. On ne peut rien faire sans un chef et une armée puissante et sans la protection des Dieux. Pourtant ils n’ont pas l’air effrayés. Ils n’ont pas peur de ce qui les entoure. Bien sûr, les femmes ont l’air un peu craintive mais les hommes sont là pour les rassurer. C’est bizarre ce rapport entre hommes et femmes. Je n’ai rien vu de semblable ailleurs. Les femmes ont pris part aux discussions hier soir autour du feu. Je n’ai rien compris évidemment mais j’ai eu l’impression d’une certaine égalité entre les hommes et les femmes. Chez nous si une femme tentait de faire la même chose elle serait battue immédiatement. Il faut absolument que j’apprenne au plus vite leur langage. Je veux tout savoir de ce peuple. D’où il vient, où il va. Par contre il faudra que je leur apprenne à chasser. Même un Chamac de huit ans se débrouille mieux qu’eux. Si tu ne connais pas la nature tu ne peux pas survivre ici. C’est elle qui nous nourrit mais encore faut-il savoir prendre ce qu’elle nous propose.

             Je n’ai jamais vu non plus les outils qu’ils utilisent. Ils ont apprivoisé le feu au point de le mettre dans une chose grande comme le pouce. Ils appuient sur cette chose et une flamme en surgit. Leurs vêtements sont si différents des miens. Quelles sortes d’animaux peuvent avoir une peau si fine, si lisse et de ces couleurs-là ? Ils doivent vraiment venir de très loin. Et puis ils sont si différents physiquement. Plus grand, moins de poils sur le visage, moins de cheveux mais de toutes les couleurs, il y en a même qui ont des cheveux blancs ! Ils ont l’air de pouvoir vire plus vieux…

     

             Perdu dans ses pensées, Cafu marche vers l’Est. Devant lui une vache squelettique broute paisiblement de l’herbe humide. Le soleil rasant oblige Cafu à garder les yeux vers le sol. Toujours à la recherche d’un petit gibier, il pose sa main droite sur son front pour se protéger les yeux et scrute les alentours. Un détail le stoppe net dans sa rotation. Au loin une fumée s’échappe. Son village. De l’autre côté du fleuve il y a sa tribu. Mais depuis deux jours c’est un paria. J’aimerais revoir les miens, ma mère, mes frères et sœurs. Retourner là bas serait trop dangereux, Mauro veut me tuer. Pourtant il faut que je leur fasse connaître ce peuple nous avons beaucoup à apprendre d’eux. Mais que se passe t-il ?  La fumée se fait plus faible, plus clairsemée et finit par disparaître. Ils sont partis ? Sans moi ! Je ne reverrais pas les miens à moins de me lancer à leur recherche. Si je pars tout de suite j’ai une chance d’y arriver.

               Cafu se met à courir vers la forêt, il ne veut pas perdre une seconde. Il dévale la pente, manque de tomber plusieurs fois, slalome entre les arbres, sautent par-dessus les branches et finit par arriver complètement essoufflé au bord de l’eau. A genoux, les bras fichés au sol, Cafu respire le plus fort qu’il le peut. Il relève les yeux au ciel. Toujours pas de fumée dans le ciel.
     
    (...)
    June 09

    Magnéto Philippe !

             Chers amis, chers ennemis bonjour. Quand on est un gamin on rêve d’avoir une vie remplie d’aventures telles que la vive nos héros. Thierry Ardisson ne déroge pas à la règle sauf que lui contrairement à nous il l’a fait. Dans Confessions d’un Babyboomer, le futur ex-roi du samedi soir de France 2 se raconte à Thierry Kieffer comme on se confesse à un psy. Interview « up and down » dans laquelle l’homme en noir retrace sa vie depuis son enfance de fils d’ingénieur en travaux publics jusqu’à l’année dernière.

             Parfois la vie tient à peu de choses, le mur des chiottes de la Gare routière d’Annecy dans les années cinquante va devenir pour lui à peu près aussi révélateur que les tables de la Loi pour Moïse. C’est ça qu’il veut connaître. A côté de ça il a depuis l’enfance une passion pour l’écriture, le livre est truffé d’extraits de sa prose qu’elle soit romancière ou rédactionnelle, un côté créatif qui ne le quittera jamais. Slogans publicitaires (Ovomaltine, Lapeyre y’en a pas deux…), articles dans la presse (Rock & Folk, Playboy, Paris Match…), conception de journaux (Entrevue, l’Ebdo des Savanes…), production ou/et télévisuelle (une cinquantaine d’émissions à son actif) , Ardisson va devenir un surfer urbain pour tenter d’être toujours en haut de la vague médiatique.

             Nullement complaisant à son égard, Ardisson relate aussi ses excès, junkie à Bali, alcoolo à Paris. De cette période de défonce il en est revenu, même si pétard(s) et petit(s) verre(s) font encore largement partie de son univers, et à présent il mène un combat maniaco-ludique contre la Mort. Ce livre relate aussi des rencontres. Un homo, un milliardaire hippie, un grand patron de presse, un sniper de la vanne et des femmes évidemment.

             Ardisson a eu dix-neuf ans en 68 et est représentatif de toute cette génération qui voulait changer le monde et qui finalement n’a fait que renforcer la « société de consommation » qu’elle commbattait. Mais au moins lui en est lucide est assume. Catholique ayant l’espoir de devenir chrétien, monarchiste dans le fond mais pas dans la forme ( « La monarchie c’est avoir un arbitre au dessus des partis, en République les capitaines des deux équipes se battent pour devenir arbitre du match »), Thierry Ardisson se livre totalement dans Confessions d’un Babyboomer, il met sa vie en scène (quoi de plus normal pour quelqu’un qui a appelé son premier roman Cinémoi !) mais il n’y a aucun effet spéciaux.

             Et puis un homme qui utilise son portable pour commander un verre alors que le bar est à 30 mètres est forcément un garçon intéressant.

     

     

    Note : 16/20

     

    Confessions d’un Babyboomer, Thierry Ardisson avec Philippe Kieffer, Editions J’ai lu

    June 08

    Ego trip

             Un dernier baiser et je me prépare à la plongée. Pendant le premier pallier je règle mon casque et j’active le mécanisme. Autour de moi tout s’agite, les gens me frôlent plus ou moins rapidement. Je me laisse descendre en entendant juste un souffle au creux de mes tympans. Puis les premiers accords résonnent en même temps que mon pied touche le fond. J’avance à la cadence de la musique. Doucement. Mais sûrement. Le saxophone pleure dans ma tête et moi je suis bien. Le monde tourne autour de moi. Deuxième pallier. Toujours plus profond. Un homme, avec un regard fixe et vide, est assis comme chaque matin adossé à une poubelle. Peut-être n’était il pas là ce matin, peut-être en était-ce un autre ? Je ne sais plus. Je ne vois que ce que je veux voir.

             Sur le quai les gens se pressent, se bousculent, se tassent et tentent de rentrer dans des wagons remplis à la gueule. Vingt mètres plus loin les wagons sont à moitié pleins. La musique me porte. Douce et calme elle entraîne mon esprit à l’opposé de la direction que mon corps prend. Entre deux sons mélodieux, une sirène informe la fourmilière que le métro va partir dans quelques secondes. Tout en continuant à rêvasser, je vois une place assise. Tranquillement alors que l’agitation a encore monter d’un cran avec cette sirène, je rentre dans le wagon et je m’installe. Les portes se ferment et le ver métallique peut commencer à ramper sous terre. Je m’immerge un peu plus dans ma solitude en plongeant dans mon livre. Solitude au milieu de la foule. Impression de ne pas faire partie de ce monde, de n’avoir pas les mêmes règles du jeu et pourtant les mêmes lois. Je me sens différent, forcément différent. Terriblement différent. Superbement différent. De temps en temps je lève la tête pour les regarder comme on mate un ours au zoo. Chacun dans sa bulle au milieu de l’océan.

             La musique s’accélère, les trompettes sonnent comme à Jéricho. Mais aucun mur ne s’écroule et surtout pas le monde qui m’entoure. Des gens sortent, d’autres entrent. Mangés, digérés, recrachés. Belle parabole sur notre rôle au sein du système. Anonyme parmi les anonymes, nous sommes tous contraints au même destin. Du moins c’est ce que je me dis. Parmi tous ces gens combien ont une vie exaltante et sortant de l’ordinaire ? Je ne fais pas partie de leur monde et je m’en réjouis. Pas les mêmes valeurs, pas les mêmes références.

             A mon tour de me faire recracher par le ver. Je finis mon paragraphe tout en marchant, la musique tout aussi forte dans mes oreilles. Aveugle et sourd. Je marche doucement, sereinement, comme sûr de ma force. Instinctivement je prends le bon chemin. Toujours plus profond.

             Une deuxième créature me prend en son sein. Je sais que le voyage touche au but. Assis en face d’une jeune femme, je profite de ces quelques minutes pour avaler avidement mon livre. Plus que quelques instants pour profiter de tout ça, pour me sentir libre et différent. Une lumière plus vive que les autres m’indique que je suis à l’avant-dernière station. Les derniers mots se jettent dans ma tête, je les bois comme on finit vite le dernier verre avant la fermeture du bar. Je me lève et je bouscule un homme assis sur son strapontin. Je sors en rangeant mon livre. Toujours aussi nonchalant, j’avance vers l’escalier. Le jazz m’accompagne encore et me donne ma dernière bouffée de plaisir souterrain.

             Premier pallier de décompression, il faut maintenant croiser la file de ceux qui prendront l’escalator. Ne pas faire comme tout le monde, prendre les escaliers et puis ça ne peut pas me faire de mal. Deuxième pallier, remontée en solitaire pour apercevoir la lumière. Troisième pallier, le dernier, tel un nouveau né je sors de terre. Le soleil, le vent, les arbres inertes malgré tout, les fourmis qui s’agitent en surface, les immobiles qui attendent on ne sait qui et moi au milieu de tout ça qui reprend pied dans la réalité.

             Je traverse le parvis lentement. Je veux repousser l’instant où je serai de nouveau connecté avec ce monde. L’ascenseur. Un. Deux. Trois. Quatre. Cinq. Une vieille porte en fer saumon, un couloir décrépi en brique grenat avec un plafond assez bas. Beige ! Vingt pas me séparent d’une autre porte saumon. Je sors mes clefs, je rentre dans mon bureau, je range mon sac, j’ouvre les fenêtres, j’allume mon ordinateur et je m’assieds. Quasiment au même moment, la musique s’arrête et j’enlève les écouteurs.

             Finalement je suis comme tout le monde.

    June 06

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    25. TROISIEME JOUR

     

         Le soleil émerge doucement et donne des teints orangés au ciel. Aucun nuage ne vient gâcher ce merveilleux spectacle quotidien. Sur le plateau règne un calme que seuls quelques oiseaux viennent troubler en annonçant au reste de la faune le lever du soleil. Au loin pourtant il y a de l’agitation. Deux hommes courent. De la sueur perle sur leur front. Diamétralement opposés à eux, à trois kilomètres de distance, un autre groupe de trois hommes se précipitent aussi pour rejoindre le village. Leurs lances les gênent pour aller plus vite mais l’heure est grave, il faut se hâter. Chaque seconde perdue peut entraîner une déroute. A l’inverse chaque seconde gagnée peut engendrer une victoire.

         « Mauro, Mauro ! Une fumée au Nord ! », crie le plus rapide des deux hommes. « Il y a une tribu dans les alentours ! ». Mauro, à moitié endormi, se frotte les yeux et s’assied sur sa couche. Il demande des explications aux deux éclaireurs. En partant à la recherche de Cafu en direction du Nord ils ont vu une petite colonne de fumée. Les deux soldats n’ont pas été voir plus loin et sont rentrés immédiatement au village pour prévenir leur chef. Mauro décide d’envoyer une dizaine de guerriers pour ramener des informations plus précises de cette tribu voisine.

         « Mauro, Mauro ! Des fumées à l’Ouest ! », annonce d’une voix essoufflée le leader du deuxième groupe. « Six fumées de l’autre côté du fleuve ! » Mauro écarquille les yeux et indique au guerrier précédent d’attendre avant de partir en expédition. Le deuxième groupe était parti lui aussi à la recherche de Cafu. Mais quand le jour s’est levé six petites colonnes de fumées pointaient vers le ciel sur le plateau opposé. Les trois éclaireurs n’ont rien pu voir de plus et se sont dépêcher de rentrer pour rapporter la nouvelle.

         Mauro congédie tout le monde et fait appeler le Sorcier. Ce dernier arrive quelques minutes plus tard et s’enquiert de la raison pour laquelle Mauro l’a fait venir si tôt. Il avait bien envie de rester encore un peu dans sa case pour initier une jeune comparse à diverses pratiques rituelles. Mais on ne dit pas non à Mauro. Surtout après le spectacle qu’il a infligé la veille à son peuple. Il entend donc son chef lui faire le point sur la situation et lui demander son avis. Le Sorcier prend quelques instants de réflexion et garde le silence, mais devant l’insistance de son chef se met à réfléchir à haute voix.

         - Il faut faire quelque chose après l’épisode de Cafu. Même si tu as massacré sa mère devant tout le monde il faut un événement plus important pour rétablir l’ordre et asseoir un peu plus ton autorité. Une victoire militaire par exemple. La guerre mobilisera les esprits. Apparemment il y a deux tribus aux alentours. Celle du Nord a un feu et celle de l’Ouest six. A priori la tribu du Nord est moins importante. Il est sans doute moins risqué de s’attaquer à la tribu du Nord. Et puis de toutes façons le fleuve empêche tout contact avec l’Ouest et nous protège aussi. Il serait donc profitable pour toi, Mauro, de faire la guerre avec le peuple du Nord pour renforcer notre tribu et pourquoi pas plus tard aller conquérir le village au-delà du fleuve.

    - Tes conseils sont toujours aussi avisés, Sorcier. Je vais donc envoyer dix hommes en avant pour chercher des informations précises au Nord. Ces hommes doivent partir immédiatement. Demain le reste des troupes, exceptés les gardes du village, partira au combat contre cette tribu. De plus je veux qu’on poste six hommes près du fleuve. Si une attaque devait survenir de ce côté, il faut évacuer au plus vite et me prévenir immédiatement. Ce soir je parlerai à la tribu. Allez tu peux partir, et puisque tu es sorcier invoque tes Dieux pour qu’ils nous soient favorables. Ou au moins fais le croire au peuple…

        
         Le Sorcier se retire et va retrouver la jeune femme qui est encore endormie sur sa couche. Une dizaine de soldats s’affairent autour de la case de Mauro, reçoivent les ordres de leur chef et entament leur marche vers le Nord. Le village des Chamac reprend vie petit à petit. Chacun vaque à ses occupations. Tout à l’air calme et paisible. Juste une petite bise fait frissonner les branches des arbres alentours et ramène quelques nuages qui voilent le ciel.
    June 05

    Pauvre petite fille riche

         Un de mes meilleurs potes est un cinéphile enragé. Quand je lui ai demandé son avis sur Marie-Antoinette il m’a répondu en moins d’une seconde : « C’est génial ! -Tu trouves ? -Ouais ouais ! –Non parce qu’à part voir Kirsten Dunst à poil toutes les cinq minutes je vois pas l’intérêt… -Justement c’est ça qui est génial ! ». Bon ok je ne vous ai pas dit que mon pote était un pervers polymorphe insatiable qui court après toute personne ayant un numéro de sécu commençant par 2. Et puis franchement à part des costumes et des décors qui feraient fantasmer Roger Hart et Donal Cardwell il n’y a pas grand-chose à apprécier de ce film.

         Marie Antoinette est une gamine de seize ans que l’Impératrice d’Autriche donne à la France comme une gamine thaïlandaise dont les parents n’auraient plus les moyens d’assumer son éducation. Sauf que dans ce cas précis c’est pour le bien de l’Autriche et de la France, c’est magique, noble et magnifique. Bien sûr Mère reprochera jusqu’à la fin de sa vie que sa fille  ne se fasse pas sauter et encore moins engrosser par son Dauphin de mari. Bon Ok Le futur Louis XVI n’était pas très dégourdi et pour un mec qui aimait la serrurerie on ne peut pas dire qu’il avait envie de faire sauter le verrou de sa femme. Pourtant, et je rejoins mon pote sur ce plan, elle est jolie la demoiselle.

         Pour toutes les ados boutonneuses et les vieilles rêveuses qui croient encore au mythe du Prince Charmant sur son cheval blanc, ce film est fantastique. On y voit un défilé de robes, de chaussures, de compositions culinaires du plus bel effet. La pauvre princesse abandonnée succombe dans les bras d’un soldat magnifique mais reste tout de même dévouée à son royal mari jusqu’au bout.

         Pourtant ça me disait bien d’aller le voir ce film au départ mais j’ai été déçu au fur et à mesure que les deux heures s’écoulaient. Mais après tout à quoi devais-je m’attendre? Marie Antoinette a vécu dans le luxe et le ridicule de l’étiquette versaillaise, dans un monde totalement répugnant qui passe sa vie à se baffrer alors que le peuple crève la faim. Ah si une Révolution pouvait changer tout ça. Mais à quoi bon ? Remplacer Louis par François ou Jacques ?

         La fin de l’histoire est abrupte mais on ne peut plus logique finalement car le concept c’est la vie de Marie-Antoinette à Versailles. La trouvaille du film ? Une bande son anachronique et rock’n’roll qui démontre que les adolescentes du 18eme siècle (Marie Antoinette n’a que 16 ans quand elle arrive à Versailles) ne sont pas très éloignées de celles du 21ème siècle.

     

     

    Note : 9/20

     

    Marie-Antoinette, réalisé par Sofia Coppola, avec Kirsten Durst, Jason Schwartzmann, Rip Torn…     

    June 02

    Un Roi républicain

    Le 14 mars 2005 France 2 révélait quels étaient les cents plus grand Français de tous les temps. Ce sont les Français qui ont parlé aux Français. Le peuple a choisi. Evidemment étant donné que seuls les vivants votent il y a beaucoup de gens « contemporains » dans la sélection. On y retrouve donc beaucoup de chanteurs de variété, de comédiens, de sportifs, et même un comique à la cinquième place. Il y a peu d’hommes qui ont marqué l’Histoire de France à tout jamais. De tête j’en vois quatre. Charlemagne (22ème dans ce fameux sondage entre Lino Ventura et Zinédine Zidane...), Louis XIV (50ème entre David Douillet et Eric Tabarly…), Napoléon Bonaparte (16ème juste devant De Funès mais derrière Fernandel…) et le Général De Gaulle. C’est lui qui a été élu plus grand Français de tout les temps. Est-ce justifié ? Pour ma part ce n’est pas un hold-up et je pense que finalement beaucoup de gens ont voté pour lui en sachant ce qu’on lui doit.

    Max Gallo après la tétralogie sur la vie de Napoléon, a récidivé en livrant quatre volumes sur la vie du Général. Je n’aime pas du tout le style de l’écrivain qui donne l’impression d’avoir été présent à chaque seconde au côté du héros. Cette biographie sans doute fiable en devient parfois trop belle pour paraître vraiment fidèle. Comme tout le monde de ma génération je ne connaissais pas grand chose de De Gaulle. L’appel du 18 juin, la descente des Champs- Elysées en août 44, Je vous ai compris et Vive le Québec Libre. Même si De Gaulle s’était résumé uniquement à ça, il aurait eu une bonne place dans la postérité. Mais non De Gaulle ça n’a pas été uniquement ça, c’est même beaucoup plus que ça. Cette tétralogie raconte l’histoire d’un visionnaire parmi les myopes, d’un homme qui s’est toujours battu pour rester debout parmi les couchés, d’un homme qui voulait emmener non pas les moutons mais les veaux vers un pâturage plus élevé. Les quatre volumes écrits par Gallo, qu’on ne peut soupçonner d’idolâtrie aveugle envers  De Gaulle puisqu’il a été porte parole du gouvernement sous Mitterrand, rendent hommage à celui qui a dit Non et ont le mérite de nous faire découvrir tout un pan de notre histoire contemporaine. Avec un homme au destin exceptionnel on traverse la Première Guerre mondiale, les années folles, l'Occupation, la Résistance, la Liberation, la Guerre d'Algérie, Mai 68 pour finir la course à Colombey les Deux Eglises en ayant une amère impression de gâchis.

         On comprend pourquoi à cause d’hier aujourd’hui est sans doute meilleur que demain. Ce livre aussi est un hommage poignant à tous ceux qui se sont battu un jour pour qu’aujourd’hui la France soit encore debout, ceux qui à un moment de leur vie ont fait passer l’intérêt collectif avant les intérêt particuliers.

         Je vous conseille vivement de plonger dans cette biographie, que vous ayez une quelconque sympathie ou non pour ses idées politiques, car ce n’est pas l’histoire d’un mec mais celle d’un Homme. Un grand. Le plus grand ?

     

     

    Note : 18/20

     

    L’appel du destin (1890-1940) – La solitude du Combattant (1940-1946) – Le Premier des Français (1946-1962) – La statue du Commandeur (1962-1970), écrit par Max Gallo aux éditions Pocket.
    June 01

    Mais puisqu'on vous le dit !

    Par quoi je commence ? Non parce que là en moins d’une demie heure ils m’ont fait râler deux fois devant ma télé. Ok c’est facile je l’admets. On va donc faire ça dans l’ordre.

    En moyenne, j’ai été cherché l’info sur le site de Médiamétrie, presque 16 millions de téléspectateurs de 4 ans et plus regardent le journal télévisé chaque soir sur les trois premières chaînes. Et voilà ce qui s’est passé hier soir. A la mi-journal on parle du dossier Tchernobyl. Souvenez vous il y a vingt ans un réacteur nucléaire avait explosé, causant la plus grande catastrophe nucléaire civile de tous les temps. Des milliers de gens irradiés et le fameux nuage qui se baladait au dessus de l’Europe. A l’époque « on » nous avait dit qu’il n’y avait aucun danger pour la France, que le nuage s’était arrêté à la frontière ou presque, que nous pouvions dormir tranquille car « on » veille sur nous. On nous a toujours pris pour des cons y’avait pas de raison que ça change à l’époque. Hier , je cite l’agence Reuters, « Un scientifique spécialisé dans le nucléaire, Pierre Pellerin, 82 ans, a été mis en examen pour "tromperie aggravée" mercredi à Paris dans l'enquête sur les conséquences sanitaires en France de la catastrophe de Tchernobyl en 1986, apprend-on de source judiciaire. »

    On a vu le mec à la télé encadré par des flics, il est tout courbé, marche avec une canne, ne pourrait pas suivre Denise Grey à la course. 82 ans c’est un peu normal en même temps. Bon bah ca y’est on tient notre coupable, pardon aux familles des victimes tout ça tout ça, ouh le vilain, qu’il croupisse en prison le restant de ces jours. Maintenant que Papon n’y est plus on a une cellule Carte Vermeil qui ne sert plus. Le peuple sera content, l’Etat se soucie des pauvres gens, vous voyez bien on va mettre en tôle le méchant scientifique à cause de qui certains ont eu des maladies thyroïdiennes. Comment ça il est vieux, fatigué et n’aura pas la force de se défendre ? Comment ça  il n’a sans doute pas remis un tel rapport de sa propre initiative ? Vous soupçonnez des politiques d’être derrière tout ça ? Et puis même si c’était vrai c’était il y a vingt ans… ah c’est les mêmes qui sont encore en tête d’affiche aujourd’hui ? Coïncidence…Et puis d’abord puisqu’on vous dit que c’est comme ça et pas autrement pourquoi vous vous posez des questions ? C’est quoi ce peuple qui pense merde !!! Allez circulez y’a rien à voir.

     

    20 h 45 sur TF1. Présentation du match France-Danemark. Jean Michel Larqué au micro. « … et puis Louis Saha qui est exceptionnel en cette fin de saison, à tel point qu’il a tout bonnement écarté Ruud Van Nistelroy sur le banc de touche de Manchester United. » Dit comme ça, ça a l’air complètement innocent. Ouais ça a l’air. Sauf que tous ceux qui connaissent le foot autrement que par le biais de Téléfoot ou Stade 2, savent que l’information est totalement fausse. Si le « fameux » Louis Saha joue à la place de l’immense Ruud c’est juste parce que le coach ne veut plus le faire jouer pour des raisons personnelles. N’importe qui plutôt que Ruud en gros. A la limite Passe-Partout aurait sa chance ! Alors ouais TF1 doit vendre sa sauce et faire en sorte que les Footix * soient dans le trip de la Coupe du Monde pour ainsi engranger des recettes publicitaires plus intéressantes, parce que bon  Louis Saha il est bien gentil mais personne ou presque ne le connaît chez les Footix et c’est pour ça qu’on enjolive la sauce. TF1 n’est pas une entreprise philanthropique on ne va pas la blâmer pour ça, même si évidemment on peut réprouver sa philosophie comme dirait Amel. Philosophie à deux balles dirait son mec. Et ouais je l’ai osé celle là !

    Non le plus grave dans tout ça c’est que Larqué sait sciemment qu’il donne une contre information à un public de masse, qui ne connaissant pas le contexte, va la prendre pour argent comptant. Preuve flagrante de manipulation de la population. Alors certes le sport n’a qu’une importance toute relative dans l’échelle du monde, mais quand on se rend compte que les journalistes sportifs sont capables de donner sciemment des fausses informations pour un quelconque intérêt, on ne peut s’empêcher de penser que les journalistes politiques ou autre sont capables d’en faire de même sur des sujets bien plus importants. Et on revient au premier paragraphe. On nous prend vraiment pour des cons…

     

     

    * Un Footix est une personne qui a découvert le foot le 12 juillet 1998, qui ignore tout ce qui a pu se passer avant et qui se pose en spécialiste irréfutable sur la question. Les vrais amateurs et connaisseurs de foot finissent par croire que la plus grande catastrophe qui est arrivé au foot français c’est que les Bleus aient gagné la Coupe du Monde en 1998.